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Daftworld

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Bienvenue sur le blog du plus grand fan Officiel de DAFT PUNK !!!


Pedro Winter : “Le prochain album de Justice ne sortira ni en 2014 ni en 2015″

Publié par daftworld sur 15 Juillet 2014, 09:15am

Pedro Winter © So Me

 

Patron d’Ed Banger et ex-manager des Daft Punk, Pedro Winter a pris le temps de se confier en marge de Calvi on the rocks. Un verre de Pietra à la main, Busy-P évoque ses souvenirs de Calvi, le succès des Daft Punk et le prochain album de Justice.

Calvi, c’est devenu un rituel de vacances pour toi ?

Oui depuis la première édition, je suis un fidèle de Calvi on the rocks. J’ai dû louper trois éditions sur douze. Avec l’avion, Calvi est à une heure de Paris et dès que tu poses le pied au sol, tu sens un vrai dépaysement.

Qu’est-ce qui a fait le succès de ce festival ?

Peut-être sa géographie. Le cœur névralgique du festival est situé au Théâtre de Verdure, une esplanade située au pied de la citadelle de Calvi et à moins d’être millionnaire et de repousser la mer, il sera impossible de l’agrandir. Calvi on the rocks ne pourra jamais dépasser les 1500-2000 personnes, ça maintient un cadre naturel. De la même manière qu’il existe des hôtels-boutiques, pour moi Calvi on the rocks, est un boutique festival. Un festival unique et convivial. En 12 ans, les organisateurs auraient pu se laisser aller à une dérive commerciale avec un stand Coca ou Fanta à droite, à gauche, mais ils ont toujours résisté à cette tentation.

Quels souvenirs gardes-tu de la première édition de Calvi on the rocks ?

J’avais été invité par les deux fondateurs du festival : Lionel Bensemoun (du Baron) et Jean-Marie Tassy. Au début, c’était complètement freestyle et la line-pup était plutôt maigre. Alors qu’aujourd’hui, il y a des DJ qui viennent du monde entier. Le festival avait eu lieu en haut de la Citadelle de Calvi sur la petite place pavée. Je me rappelle du concert de DJ Oil, musicien et producteur des Troublemakers. Il avait joué un morceau de Carl Craig qui m’avait retourné. C’était génial mais il y avait à peine 150 personnes (rires). 

Ton pire souvenir ?

Pour étendre l’influence du festival, les organisateurs avaient pensé à réaliser une soirée à l’extérieur de la ville, dans une boite du coin. J’ai dû m’y coller. Je devais réaliser un set mais au bout de 3 disques, le patron a débarqué en courant et m’a balancé : “Faut pas jouer ça, faut mettre des tubes”. C’est la première fois de ma vie qu’on me disait ça. Je me suis donc barré. 150 personnes du club sont partis avec moi et nous avons fini dans un tout petit club qui s’appelle l’Annexe aujourd’hui et qui à l’époque s’appelait encore Le son des guitares.

Comme à chaque festival, la rumeur de la présence des Daft Punk a circulé dans les coursives. 

Ah ouais ? Je ne crois pas. En tout cas je ne suis pas au courant. Je crois qu’ils ne sont jamais venus à Calvi on the rocks même si Thomas Bangalter vient en Corse car sa famille a une maison dans le coin.

Tu as des contacts réguliers avec eux ?

J’ai déjeuné avec Guy-Manuel de Homem-Christo récemment mais on ne peut pas dire qu’on se voit régulièrement.

Le succès planétaire de leur album Random Access Memories t’a-t-il surpris ?

Bah oui forcément, personne ne pouvait imaginer ce succès. C’est comme l’Allemagne qui explose le Brésil 7-1. Même si tu crois en une victoire allemande, tu n’imagines pas un tel score. J’étais d’autant plus surpris que j’ai appris quasiment en même temps que tout le monde la sortie de leur disque.

Tu n’étais vraiment pas au courant ?

Ca faisait cinq ans qu’ils me disaient qu’ils travaillaient en studio sur un album mais je n’avais aucune info sur la date de sortie. Pour tout te dire, j’ai écouté l’album après Jean-Daniel Beauvallet (rédacteur en chef musique des Inrocks ndlr). Mais leur succès me fait plaisir, j’ai vraiment été très heureux d’avoir pu bosser avec eux durant toutes ces années.

Tu t’attendais à cette orientation funk et disco ?

Oui car les Daft ont toujours dit qu’ils souhaitaient bosser avec Giorgio Moroder ou Todd Edwards. Maintenant qu’ils aillent au bout de leurs idées, j’ai trouvé ça très fort, surtout que tout est réalisé avec talent. Mais après, la vraie question, c’était de se dire : est-ce qu’il faut faire un album avec un gros rétroviseur ou un album prospectif ? Ils ont tranché pour la première solution, peut-être que le prochain sera plus futuriste.

Plusieurs sites ont rapporté que Justice préparait un prochain album. Ça avance ?

Ils font des maquettes mais ils ne sont pas encore rentrés en studio. Ils préparent des choses mais aujourd’hui je n’ai encore rien écouté. Je pense que le prochain album ne sortira ni en 2014 ni en 2015.

Après la sortie d’un maxi l’année dernière, est-ce que tu as d’autres projets solo ?

Non, je n’ai plus le temps pour des projets persos. M’occuper du label Ed Banger me beaucoup de temps. Les gens pensent toujours que ton rôle se cantonne à des soirées à faire le zouave avec Pharell mais l’autre moitié du temps, je suis au bureau à 10h, à faire les contrats, gérer les partenariats, payer les factures EDF (rires).

Des coups de cœur actuellement ?

Oui, Moodoïd, Ratking, Bobmo, Sinkane, Fatima Al Qadiri par exemple Depuis un an, j’ai une émission sur Le Mouv’ et je me suis rendu compte que ça n’arrête jamais. Un mois, tu te dis : “Il y a eu 5 disques excellents ce mois-ci, c’est déjà pas mal”. Et le mois suivant, rebelote.

Tu as pris du plaisir à animer cette émission (diffusée tous les jeudis à 22h) ?

Oui. C’est Joël Ronez (alors directeur du Mouv’ ndlr) qui m’avait proposé d’en faire une. Nous nous étions croisés dans les couloirs de l’antenne et on avait parlé de radio autour d’un café. A cette époque, je montais un émetteur radio dans ma cave, ça s’appelle EdWreck. En gros, j’ai 2 platines, mes vinyles, un micro, la fibre et je balance du son. Il y a un site internet : www.edwreck.com. Quand je joue des disques, on peut se brancher dessus. Cette radio, c’est un projet que j’avais avec DJ Mehdi depuis 2010. Au départ, nous souhaitions faire ça dans un bar du 18eme pour recevoir des gens, discuter, autour d’un public. Malheureusement il n’a pas pu m’accompagner jusqu’au bout mais j’ai souhaité mener ce projet à bien

Tu as hésité à accepter cette proposition du Mouv’ ?

Non, j’ai tout de suite été partant surtout que Joël Ronez avait apporté un nouveau souffle sur la grille avec Pierre Siankowski et Mathieu Culleron (Magasin central) que j’apprécie, Vincent Glad (Touche pas à mon poke). Je sentais un nouveau souffle, j’ai donc rapidement donné mon accord.

Il y a un film qui se prépare sur la French Touch, Eden, réalisé par Mia Hansen-Løve, tu as été consulté ?

Ils m’ont contacté pour me demander les droits car mon nom est balancé à un moment mais je n’ai pas encore rencontré la réalisatrice. Je crois d’ailleurs que c’est plus une fiction sur un DJ, ses dépressions et sa vie amoureuse à cette époque là que l’histoire de la French touch, à proprement parler.

Tu penses quoi du casting avec Vincent Lacoste et Vincent Macaigne ?

Vincent Lacoste sera parfait dans le rôle de Thomas Bangalter. Vincent Macaigne ressemble plus à Yuksek qu’à David Blot par contre (rires). Ca a de la gueule en tout cas, j’ai hâte de voir le film.

Tu envisages d’écrire un livre sur cette période un jour ?

Le grand drame de ma vie, c’est la disparition de DJ Mehdi. Il a emporté notre mémoire commune. Medhi était mon meilleur ami. Il avait une mémoire phénoménale. C’était le mec capable de te dire : à Calvi, il y a 7 ans, tu avais des baskets bleus et un chapeau rouge. J’avais adoré lire Electochoc de Laurent Garnier. Sans se comparer au livre de Garnier, je me dis que dans 10 ou 15 ans, Mehdi et moi, nous aurions pu écrire un truc sur notre histoire commune. Celle de deux mecs qui viennent de deux milieux musicaux complètement différents et qui finissent par bosser ensemble. Aujourd’hui, je me rends compte qu’il s’est passé quelque chose dans les années 90 et que nous y avons participé. C’est super flatteur quand tu y repenses…

Propos recueillis à Calvi par David Doucet

Les concerts de Pedro Winter : 

Vendredi 18 juillet : Festival FNAC LIVE, Paris (Parvis de l’Hôtel de ville)
Dimanche 20 juillet : Tomorrowland, Hollande
Vendredi 25 juillet : Festival 37°2, Gruissan Plage
Samedi 26 juillet : Festival Résonance, Avignon
dimanche 27 juillet : Tomorrowland, Hollande

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