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Daftworld

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Bienvenue sur le blog du plus grand fan Officiel de DAFT PUNK !!!


Sébastien Tellier : “Vouloir être une star aujourd’hui, c’est grotesque”

Publié par daftworld sur 13 Octobre 2014, 09:54am

 

 

Alors qu’il se lance dans une tournée pour “L’Aventura”, son huitième album, Sébastien Tellier, 39 ans, nous parle de sa passion pour les jeux vidéo, de sa cure de désintox et de sa rencontre avec la famille princière de Monaco.

 

 

Ce sont vos premières dates pour L’Aventura ?

Sébastien Tellier - J’avais déjà fait quelques concerts privés, pour le fric (rires). Notamment pour l’ouverture du yacht club de Monaco.

C’était comment ?

Oh, c’était fabuleux ! Déjà, j’aime beaucoup la famille princière. Ils sont tous fort sympathiques, il y a un esprit de fête. Tout est tourné autour du divertissement, de la joie de vivre, du jeu. Ce sont de grands enfants, donc des gens aptes à me plaire. Le lendemain, je devais être en Normandie très tôt pour un mariage. Ils m’ont prêté leur jet privé pour que je puisse y être le plus vite possible !

Vous aimez bien la royauté, en général ?

J’avais déjà rencontré une famille princière, de Suède ou du Danemark – je ne sais plus. C’était beaucoup plus cul-serré que la famille monégasque qui, elle, est très fun ! Mais je ne suis pas un grand habitué de la royauté, je ne suis pas un jet-setter. Je préfère regarder une série à la maison qu’aller à une fête casse-tête.

Vous avez pourtant eu une image de fêtard à une époque…

Il fallait bien sortir pour trouver l’amour ! Je n’allais pas le trouver enfermé à la maison avec mes synthétiseurs et mes guitares. Une fois l’amour trouvé, on a continué à beaucoup sortir. Car il y a une exhibition de l’amour, on aime montrer qu’on est amoureux. Maintenant je suis plutôt tranquille. Je sors de cure de désintox, je rentre dans un cercle vertueux.

Vous étiez déjà allé en désintox, non ?

J’ai déjà été, il y a très longtemps, en hôpital psychiatrique. Là, je suis allé en désintox car je fumais trop de joints, environ vingt par jour. Ça ne me faisait plus rien et ça me desservait beaucoup. Fumer rend intolérant, irritable, saignant. Mais j’avais peur de faire de la musique sans fumer, de ne plus pouvoir composer des chansons, de ne plus avoir l’entrain nécessaire. En fait, j’en ai dix fois plus. Ado, toute l’imagerie des hippies, des Jamaïcains, de Bob Marley, me plaisait énormément, je trouvais ça “cool” de fumer. Puis je suis devenu addict. J’ai passé le mois de juillet en Jamaïque à acheter des coussins d’herbe et à fumer, fumer, fumer. C’était trop !

Vous faites quoi quand vous ne travaillez pas ?

J’aime beaucoup me balader à Montmartre, où j’habite. Autrement, je suis fan de jeux vidéo. J’ai GTA V qui permet de jouer contre d’autres individus et de créer ses propres missions. Vers la fin du jeu – je l’ai fini à 100 % mais rare sont ceux qui vont jusque-là -, il y a toute une histoire de secte qui ressemble à celle de l’Alliance bleue de mon album My God Is Blue.

Vous avez été le dragueur en costard blanc sur Sexuality, le gourou de l’Alliance bleue sur My God Is Blue, maintenant le Brésilien fan de bossanova : pourquoi changer de personnage à chaque album ?

C’est l’envie de vivre une vie démultipliée. La société nous impose des règles terribles. La musique permet d’y échapper, de se dire un matin “tiens, j’ai envie de me maquiller” ou “tiens, je vais porter des écharpes dorées”. A chaque album, je rachète un matériel neuf, je déménage, je change de voiture, je me réinvente une petite vie, et ça pour moi c’est jouissif.

Ça rappelle David Bowie…

Je l’ai toujours admiré. J’adore le physique d’homme-femme, comme Mick Jagger, Prince, Michael Jackson. J’aurais rêvé être un homme-femme, mais la nature m’a donné le physique d’un bûcheron. J’adore aussi le côté star. Dans les années 70-80, être une star c’était flamboyant. C’était beau d’être connu. Aujourd’hui, vouloir être une star c’est presque vulgaire, grotesque. On s’est aperçu que les stars n’étaient que des pauvres types comme les autres.

Comme Bowie, vous apportez toujours un soin particulier à vos tenues…

Je n’ai pas une vraie passion de la mode mais j’aimerais toujours être à la mode, ne jamais être un ringard. J’aimerais toujours être à la pointe de ce qui ne se fait pas encore. Pour être précurseur, il suffit d’écouter son coeur, ne pas trop réfléchir. Dans l’art, il n’y a que deux questions à se poser : ça m’attire ou pas ? Ça me plaît ou pas ?

Vous êtes toujours ami avec les Daft Punk, Phoenix, les mecs de la French Touch ?

Oui, même si on a du mal à se croiser. Généralement, on se retrouve autour d’un anniversaire, le mien, celui de Kavinsky… Ma femme adore m’organiser des fêtes d’anniversaire dantesques !

Vous ne trouvez pas ça mélancolique les anniversaires ?

Non, car finalement il y a des gens qui meurent très jeunes, des mort-nés, des ados qui se tuent en faisant les pitres sur le toit d’un train… Chaque année qui passe est une vraie victoire. On se dit “Paf, j’ai encore assuré un an de plus !”

Vous suivez l’actu ?

Quand je suis seul, je n’aime pas manger dans le silence et je regarde BFM TV. J’aime bien, ils ont chopé le truc, ils matchent avec leur époque. Au contraire, celle qui fait le week-end sur TF1… Comment elle s’appelle déjà ?

Claire Chazal ?

Ah oui ! C’est complètement guindé, les transitions sont mal faites. Je me souviens quand DSK avait été emprisonné, BFM TV avait été critiqué pour avoir raconté ce qu’il mangeait en prison, mais moi j’aime bien justement ! C’est grâce à ces petites infos de l’à-côté qu’on se fait une idée des choses.

Vous envisagez de faire du cinéma ?

J’ai du mal avec le milieu. Tout le monde y est habillé pareil, avec une doudoune noire, fermée jusqu’au col. Il y a beaucoup de codes, c’est très autoritaire, très coincé. Après, l’art en lui-même me plaît beaucoup. J’ai déjà écrit deux films : l’un sur la venue du messie sur terre, mais j’en ai fait l’album My God Is Blue. L’autre, je ne peux pas le révéler. Il faudrait que je sorte encore trois-quatre albums et que je m’y mette. J’espère faire mon premier film vers 50 ans, si je suis encore en vie !

En tournée jusqu’au 7 novembre (le 20 octobre au Casino de Paris)

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