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Daftworld

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Bienvenue sur le blog du plus grand fan Officiel de DAFT PUNK !!!


[critique] EDEN

Publié par daftworld sur 14 Novembre 2014, 16:54pm

Au début des années 90, la musique électronique française est en pleine effervescence. Paul, un DJ, fait ses premiers pas dans le milieu de la nuit parisienne et créé avec son meilleur ami le duo Cheers. Ils trouveront leur public et joueront dans les plus grands clubs de la capitale. C’est le début pour eux d’une ascension euphorique, vertigineuse, dangereuse et éphémère. »

 

Ah ! EDEN … Annoncé depuis un moment, le nouveau film de Mia Hansen-Løve (Un amour de jeunesse et Le Père de mes enfants) sort ces jours-ci. Et ce n’est pas n’importe quel film. Oh non ! Mais dès maintenant, rétablissons la vérité. EDEN n’est pas un film sur les Daft Punk. Oui, ils sont incarnés, mais le film n’est pas à propos d’eux, ne tourne pas autour d’eux, n’est pas un biopic qui leur est consacré. Du coup, de quoi traite EDEN ? Eh bien si vous avez bien lu le synopsis plus haut, vous avez déjà compris qu’Eden a pour ambition de dépeindre la French Touch, de proposer un portrait fidèle d’une génération de DJs qui a fait danser toute la planète et à qui Air, Brodinski, David Guetta, Gesaffelstein ou encore Phoenix doivent beaucoup – si ce n’est tout. Mais c’est un débat que l’on aura une autre fois.

[critique] EDEN

Divisé en deux parties, le film se consacre avec beaucoup de minutie à présenter tous les protagonistes de cette French Touch, les rapports qu’ils entretiennent, les coutumes qu’ils adoptent, les lieux qu’ils fréquentent, leurs méthodes de travail. En bref, leur quotidien. Si dit comme cela, on pourrait s’attendre à un véritable film-chorale un peu foutraque, je vous rassure, il n’en est rien. Assez vite, on comprend que le film va tourner autour du destin de Paul (alias Félix de Givry, Après mai), la moitié de Cheers et donc de la représentation cinématographique de Sven Hansen-Løve, frère de la réalisatrice et co-scénariste du film. Ici, le mot « destin » est peut-être un peu fort. Parlons donc de chemin, puisque Mia Hansen-Løve nous dévoile le quotidien romancé de la vie de son frère sur deux décennies. Des décennies cruciales.

 

Entre ses rêves de gloire, ses histoires d’amour un peu foireuses, son addiction à la drogue et sa tentative de grandir, rien ne nous est épargné. Et j’insiste sur le mot « tentative » car EDEN nous montre clairement que dans les années 1990, comme aujourd’hui, assumer ses choix, définir un plan de carrière et s’y tenir sont des choses bien compliquées. Surtout lorsque l’on semble vivre avec un voire deux trains de retard comme Paul. Gros enjeu d’ EDEN, sa personnalité définit le rythme du film, sa cadence. Ainsi, lorsque tout va bien pour lui, les fêtes s’enchaînent, les sauteries, les moments de sincère communion avec ses amis. Et à l’inverse, lorsqu’un problème survient, ce sont les lignes de cocaïne sniffées qui s’enchaînent. Plus vite que la musique.

”Un hommage à la French Touch”

Et ne nous mentons pas, c’est un véritable problème. Pas la présence de drogues, non. Sans drogue, le film aurait été d’une atroce platitude. Ce sont bien évidemment les répétitions qui dérangent. Il semble que la réalisatrice ait tenté de représenter une forme de circularité dans le chemin que suit Paul. Sauf que, malgré elle, elle nous ennuie. Pas tout le temps, non. Seulement dans sa première partie, sa longue première partie ! Cette dernière se caractérisant par sa superficialité et sa lenteur. Par chance, la suite se révèle bien plus intéressante. Lorsque les rêves se brisent, que les chemins se séparent, que les proches décèdent, que les coups se font de plus en plus durs. Ce n’est qu’à ce moment-là et pas avant malheureusement qu’ EDEN fait preuve de profondeur, de réflexion.

En se focalisant sur les vrais tourments de Paul, le tout parait plus humain, plus intimiste, plus abouti, loin du tumulte, du boum-boum un peu caricatural du début du film. Le scénario se calme sur les scènes de fête et d’émerveillement et creuse un peu plus les interactions entre ses personnages. Oui, ils se connaissent tous. Oui, ils s’apprécient tous – dans l’ensemble. Mais au fond, mis à part la musique et un goût prononcé pour la fête, qu’ont-ils en commun? Pour répondre à cette question, Mia Hansen-Løve a pu s’appuyer sur le témoignage (et pas que) de son frère Sven qui connaît très bien le milieu représenté.

[critique] EDEN
Mais si Eden évite les écueils de la reconstitution, on est en droit de se poser la question suivante : le quotidien de Sven était-il (allons-y franco) aussi chiant que celui de Paul? Certains diront qu’il se passe beaucoup de choses, qu’il y a beaucoup de fêtes, qu’il y a des étapes dans la vie de Paul. Certes, mais à cause de la circularité de son chemin, le tout donne une impression de redondance. Tant dans le scénario, que dans la mise-en-scène. Et de vous à moi, il est fort compliqué de se sentir proche d’un personnage qui n’intéresse pas. Certainement symptomatique, la manière dont ce Paul se comporte, réagit, réfléchit agace et énerve. Il manque de volonté, c’est certain. Mais pourquoi manque-t-il de volonté? La question est laissée en suspens. Une énorme erreur!

Du coup, à défaut de vouloir s’attarder sur lui, le spectateur dispose de 131 minutes pour apprécier et savourer tout le reste. A commencer par le casting. On apprécie Pauline Etienne (2 automnes 3 hivers), on trouve Hugo Conzelmann (Après mai) très sympathique, on craque à cause de Roman Kolinka (Juliette) et Golshifteh Farahani (Exodus) nous tape dans l’œil. Et si tous ces noms ne vous disent rien, ce n’est pas grave. Vous en entendrez très vite reparler. Et puis, au passage, Mia Hansen-Løve a appelé du renfort. A savoir Laura Smet (Yves Saint Laurent), Vincent Lacoste (Hippocrate), Greta Gerwig (Frances Ha), Brady Corbet (Paradise Lost) et Vincent Macaigne (Tonnerre). A défaut d’avoir une photographie et une mise-en-scène impressionnantes, EDEN dispose d’un casting cohérent sur le papier et franchement plaisant à l’écran.

Quant à la bande originale, la pièce maitresse du film, elle est particulièrement entrainante, significative et très bien fournie. Au programme : Daft Punk, Cheek, Terry Hunter, Arnold Jarvis et Martin Solveig pour ne citer qu’eux. De quoi nous donner envie d’acheter le CD déjà en vente. Celle-ci contextualise comme il faut le récit et rappelle quelques (très bons) souvenirs de soirées. Enfin, encore faut-il que l’on ait grandi dans les années 1990 pour s’en rappeler. Car EDEN s’adresse fortement, et ce bien malgré lui, à un certain public. Pas nécessairement celui qui fréquente ou a fréquenté les mêmes lieux que les personnages (le Queen, la Machine du Moulin Rouge, le Silencio, le Social Club, etc.), mais qui aime de près ou de loin la musique électronique et tout ce qu’elle englobe.

Si l’on pourrait voir en EDEN un biopic à la sauce documentaire, la réalisatrice est très claire : ce n’est aucun des deux. Non, son film est une comédie dramatique. On rigole parfois, on rigole bien même. Mais ce sont surtout les moments dramatiques, de tension, de chute qui nous touchent le plus. Si Paul réalise un certains nombre de ses rêves, la morale – que l’on n’explicitera pas pour ne spoiler personne – a le mérite d’être limpide. Semblable à n’importe quel roman d’apprentissage, EDEN lie succès et passion, gloire et désir, bonheur et addiction. Sans jamais porter de jugement sur le milieu dépeint, le film de Mia Hansen-Løve peut se lire comme un hommage à la French Touch, à une génération branchée, créative et inspirante.

CASTING

 

Titre original : Eden
Réalisation : Mia Hansen-Løve
Scénario : Mia & Sven Hansen-Løve
Acteurs principaux : Félix de Givry, Pauline Etienne, Hugo Conzelmann, Roman Kolinka, Golshifteh Farahani, Laura Smet, Vincent Lacoste, Greta Gerwig, Brady Corbet, Vincent Macaigne
Pays d’origine : France
Sortie : 19 NOVEMBRE 2014
Durée : 2h11mn
Distributeur : Ad Vitam
Synopsis : Au début des années 90, la musique électronique française est en pleine effervescence. Paul, un DJ, fait ses premiers pas dans le milieu de la nuit parisienne et créé avec son meilleur ami le duo Cheers. Ils trouveront leur public et joueront dans les plus grands clubs de la capitale. C’est le début pour eux d’une ascension euphorique, vertigineuse, dangereuse et éphémère.

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