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Daftworld

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Bienvenue sur le blog du plus grand fan Officiel de DAFT PUNK !!!


La French Touch remue encore

Publié par daftworld sur 22 Janvier 2015, 12:30pm

 

Vingt ans après son apparition, la French Touch est toujours inventive et vivace. Elle suscite encore l'engouement autour du globe et traverse les générations. Témoin, Étienne de Crécy qui présente ces jours-ci Superdiscount 3.

 La French Touch remue encore

C'était il y a 20 ans, la musique française commençait à susciter un intérêt au-delà de nos frontières. Ils avaient pour nom Air, Cassius, Shazz, St Germain, I:Cube, Daft Punk, Phoenix, Dimitri from Paris ou DJ Cam. Ils avaient en commun l'utilisation des samples et des ordinateurs, mais surtout de représenter un renouveau musical "made in France", dans des styles aussi différents que la pop, la house, la techno ou le trip hop, mais vite catalogués sous l'étiquette "French Touch". Un terme qui traduisait notamment l'engouement de la presse anglaise (NME, Muzik, Mixmag...). Celle-là même qui moquait parfois la musique hexagonale (c'est le Melody Maker qui a qualifié de "daft punk" ―punk idiot― le duo).  

 

Étienne de Crécy se souvient: "Je suis allé dans ma première rave en 1992. L'année suivante, Philippe Zdar et moi réalisions un premier maxi techno sous le nom de Motorbass. Nous vivions dans une grosse colocation à Paris. Nous sortions beaucoup, on prenait beaucoup de drogues. Nous étions un peu fatigués par tout ça. Quand nos amis venaient, ils nous disaient que nous écoutions de la musique de malades. On s'est donc dit qu'on allait créer une musique que l'on pourrait écouter à la maison, pas dans une rave."
 
 

Filtres et funk

 

La French Touch est alors plutôt house ou trip-hop. Alors que les premiers DJs techno, comme ceux d'Underground Resistance, brouillent les pistes avec des pseudos et cachent leurs visages, les Français se montrent et comprennent vite l'atout du made in France, selon Étienne de Crécy : "On cherchait tous des pseudonymes : Philippe Zdar, Alex Gopher... Je n'en trouvais pas, donc j'ai gardé mon nom, car je savais que je pourrais l'assumer toute ma vie. C'est vrai qu'il a une consonance très française, comme Laurent Garnier. Deck d'Arcy, le bassiste de Phoenix m'a dit qu'il avait trouvé son pseudo à particule en pensant à moi !"
 
Le premier album des Daft Punk, Homework en 1997, lance tout un genre bien français, la funky filter house (Demon, Superfunk, Modjo...), qui abuse des samples de funk et des effets sonores de filtres. Publié au même moment, Superdiscount réunit Air, Gopher ou Zdar autour d'Étienne, parce qu'il n'avait pas composé assez de titres pour sortir les quatre maxi-vinyles prévus.
 
Le graphisme, conçu par H5, ne passe pas inaperçu. Le concept vaudra plus tard à son initiateur les compliments de Ralph Hütter du groupe pionnier Kraftwerk. Le film Eden de Mia Hansen-Løve, sorti récemment en France, raconte avec un certain désenchantement cette période de la French touch et ses suites.
 
Turbine
 
Au début des années 2000, le mouvement se poursuit. D'autres artistes renouvellent la musique électronique française. Ce sont par exemple DJ Mehdi, Mr Oizo, Justice... et les labels Ed Banger, Kitsuné ou Institubes. Le son est plus techno, décomplexé, à l'image des télescopages des Belges 2 Many DJs ou de leur projet techno Soulwax
 
Superdiscount 2 (2004) reste un concept collaboratif. Moins house que le premier, il ne trouve pas vraiment son public en France. Étienne de Crécy se tourne en solo, vers un son plus dur, après avoir eu une révélation en écoutant le "Rocker" des Allemands d'Alter Ego. Une techno défendue en France par Vitalic, Birdy Nam Nam, Yuksek ou Missil, ailleurs par Boys Noize ou Tiga.
 
Il est qualifié de "turbine", ou de "techno maximale" selon Laurent Garnier, en opposition à la techno minimale allemande alors en vogue, mélancolique et dépouillée. L'aspect visuel, si important sur les pochettes et dans les clips de Superdiscount, se retrouve dans le spectacle d'Étienne de Crécy en 2007. Sur scène, le musicien est perché dans un cube construit en échafaudages et en tulle, sur lequel sont projetées les lumières. "Je me posais des questions au fur et à mesure que je faisais des live sur des scènes de plus en plus grandes. Le spectacle des Daft Punk en 2006 avec leur pyramide m'a apporté des réponses" confie-t-il.

 La French Touch remue encore

Générations
 
Superdiscount est de retour pour un troisième opus en 2015, loin des rythmes techno énervés d'Étienne de Crécy en solo. Ici, la house est lente, massive et suintante, mais toujours dansante. Elle évoque Miura de Metro Area ou le premier tube des Daft Punk (encore eux), Da Funk. Les voix sont de presque chaque titre, samplées, rappées ou chantées.
 
Aujourd'hui la touche française est toujours aussi fringante et inventive, grâce à de jeunes gens comme Brodinski, Kavinsky, Gesaffelstein ou Club Cheval. Ce dernier, collectif de quatre garçons, acoquine des genres considérés comme de mauvais goût (eurodance, hardcore) aux sons les plus pointus. Une collision sonore que l'on retrouve chez Surkin et Para One.
 
Depuis les années 90, les différentes générations de DJs et de producteurs français se côtoient et collaborent. Superdiscount restera étiqueté French touch mais conquiert de nouveaux publics. Étienne de Crécy constate : "Beaucoup d'artistes sont restés, peu sont tombés. La France n'existait pas sur l'échiquier musical anglo-saxon. Maintenant, la question de la nationalité ne se pose plus, la musique vient de partout."

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