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Daftworld

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Bienvenue sur le blog du plus grand fan Officiel de DAFT PUNK !!!


Madeon en interview : Le choc Daft Punk, Lady Gaga, le streaming... Le prodige se confie !

Publié par daftworld sur 25 Avril 2015, 17:50pm

Avec "Adventure", Madeon confirme tous les espoirs placés en lui. Croisé juste avant de grimper sur scène, le Nantais revient pour Pure Charts sur son éducation musicale, évoque Daft Punk, Alizée et les 2Be3, l'univers artistique de son premier album, nous parle de sa collaboration avec Lady Gaga et surtout de musique avec passion. Rencontre avec un esprit bouillonnant d'à peine 20 ans.

Madeon en interview : Le choc Daft Punk, Lady Gaga, le streaming... Le prodige se confie !

Si tu le veux bien, on va remonter un peu le cours du temps... Tu te rappelles de ton premier souvenir avec la musique ?
(Il réfléchit). Je me souviens de ma soeur. Je devais avoir 4 ou 5 ans, elle en avait 9 ou 10 et elle adorait les girls band comme les Spice Girls. Et y'avait un morceau qu'elle jouait et qui m'avait marqué : c'était "Pure Shores" des All Saints. Encore aujourd'hui, je trouve que c'est un chef d'oeuvre de la pop, dans son écriture, sa production, sa texture... C'est un univers qui m'a complètement bouleversé ! J'avais l'impression de pouvoir nager dans ce morceau. Un vrai choc.

 

 

 

 

« Daft Punk m'a fait découvrir un nouveau monde »

Tu t'intéresses à la musique depuis tout petit ?
Non, au contraire, je n'étais pas forcément très passionné par ça pendant quelques années. Le déclic, il a eu lieu avec les 2Be3...
(Il marque une pause). Non non, je déconne ! (Rires)

Tu as parfaitement le droit tu sais !
J'étais trop jeune, je suis né en 1994. (Il sourit). Non c'était Daft Punk, j'avais dix ans. Ils sortaient "Human After All" et je suis tombé sur un documentaire sur MTV qui retraçait leur carrière. J'ai été passionné par deux choses, déjà le lien qu'ils entretenaient entre les visuels et la musique, cette capacité de création d'univers. Et simplement ces sonorités que je n'avais jamais entendues parce qu'en France, la musique électronique n'était pas très exposée ou alors c'était une forme de musique électro très spécifique. Daft Punk m'a fait me poser beaucoup de questions ! Je ne comprenais pas comment ça fonctionnait, comment fabriquer des sons comme ça... J'ai eu l'impression de découvrir un nouveau monde. J'ai ressenti le besoin de comprendre comment ça marchait.

C'était quoi le premier disque que tu as acheté ? Les 2Be3 ?


Tu rigoles mais j'adore la pop ! Bon, il se trouve que les 2Be3 c'est mal écrit et mal produit... Mais Britney Spears par exemple, c'est canon. En fait je piquais surtout les CDs de mes grands frères et grandes soeurs. La première chose que j'ai achetée avec mon argent de poche, c'était "Interstella 5555", le film d'animation japonais qui illustre tout l'album "Discovery" de Daft Punk. Comme je t'ai dit, au début, c'est surtout l'image qui m'a frappé. Quand je voulais écouter juste le CD, je n'avais qu'à couper la télé. Pratique ! Et toi, ton premier disque c'était quoi ?

Moi ? Deux singles en fait, que j'ai eu en cadeau : "Lady" de Modjo et "Moi... Lolita" d'Alizée...

J'adore "Moi... Lolita" !

 

C'est très bien produit.

Non, en vérité, c'est assez mal produit. (Rires). Enfin ça a incroyablement mal vieilli... 

J'ai un cousin qui est super fan d'Alizée, j'me souviens qu'il écoutait ça, ça me rappelle un Noël passé avec lui. Et justement : moi j'adore la capacité qu'a la musique d'évoquer des époques et de rendre nostalgique. Si une chanson, aussi inélégante soit-elle, a le pouvoir de me ramener à des endroits et des souvenirs, elle est précieuse pour moi quand même. Tiens d'ailleurs, regarde. (Il nous montre son téléphone). Tu as la preuve sous les yeux : j'ai "Moi Lolita" dans mon iPhone !

Revenons à toi. A partir de quand tu t'es lancé dans la musique ?
Après le docu sur Daft Punk. Le soir même ! Je suis allé sur l'ordinateur familial et j'ai commencé à télécharger des logiciels, de simples enregistreurs audio. Ce que j'ai fait ben c'est taper sur la table, faire du bruit, enregistrer ma voix et y rajouter des effets et essayer de reproduire ce que j'avais entendu... Je ne savais pas ce que c'était un synthétiseur. Évidemment, le rendu n'était pas du tout le même comme tu peux t'en douter ! Donc j'ai continué de tester plein de trucs, d'enchainer les démos de logiciels qui expiraient au bout de 30 jours... J'avais quoi, 11-12 ans ? C'était marrant. Je disais des bouts de phrases que j'inversais et je rajoutais de la distorsion. J'avais fait un album complet de ça, juste de bruits et de boucles infernales. Aujourd'hui je pourrais sortir ça en tant que projet d'art expérimental !

A quel moment tu as pris ça au sérieux ?
On saute quelques années. A force de bidouiller, je commence à être un peu plus à l'aise avec la musique et je décide assez vite que j'ai envie d'en faire mon métier, à 13 ans. Trois ans plus tard, je suis éjecté du système scolaire et je me dis "C'est maintenant ou jamais" ! Je commence donc à tenter ma chance dans des concours de remixes et j'en gagne plusieurs, ce qui me permet d'être alors contacté par des labels, des éditeurs, des managers... Et puis mon mash-up "Pop Culture" explose sur YouTube. Ça a été ma porte d'entrée.

 

 

 

 

« J'avais une identité visuelle en tête »
Pourquoi vouloir sortir un album aujourd'hui ? Tu ne penses pas que c'est devenu obsolète dans le monde de l'électro ? Röyksopp a par exemple décidé d'abandonner ce format.
Tu n'as pas tort. C'est un format qui est puissant, intéressant mais ce n'est pas obligatoire. Suffit de prendre l'exemple de Skrillex : ok, l'an dernier il a sorti son premier album "Recess" mais il est arrivé au top de sa carrière en enchaînant les EPs. Aujourd'hui avec le web, chacun peut choisir et trouver son format de sortie. Il se trouve que j'en avais envie. Je l'ai pas fait tout de suite, j'ai attendu quelques années avant de me lancer dans un tel projet, il y a d'abord eu des EPs enfin des compilations de morceaux... Même moi je ne comprends pas ma discographie (Rires) Du coup pour faire simple, j'ai décidé de mettre tous les titres que j'ai sortis dans l'édition deluxe de l'album.

Quel était le concept que tu avais en tête ?
J'ai écrit le scénario des clips et j'ai réalisé tous les artworks de l'album. J'avais vraiment une identité visuelle en tête, articulée autour du contraste entre la ville et le désert. C'était cette idée de commencer dans un environnement très humain, social, avec des buildings interminables qui t'écrasent et qui contrastent avec la solitude d'un grand désert et de la nature. J'avais vu des photos sur ce thème-là qui m'impactaient, et je me suis dit que c'était une bonne structure d'album, la fuite de la ville. C'est un peu abstrait, mais je voulais que les premiers morceaux comme "Pay No Mind" soient très joyeux, avec des sons 8-bits et qu'à la fin ce soit plus lent, plus flottant, comme "Home"

 

 

 

Tu as réussi à ramener sur le projet des artistes assez éloignés de l'univers électro, comme Mark Foster, Charli XCX, Michael Angelakos de Passion Pit... Très indie pop finalement, et qui partagent comme point commun de proposer une musique très immédiate, accrocheuse. C'était une volonté de ta part ?
Oui ! Je suis quelqu'un de sensible à la mélodie et ce sont des personnes qui le sont aussi, qui ont une écriture très fluide. Je voulais aussi des gens qui ne soient pas du monde de la nuit pour créer une cohésion intéressante... et aussi pour m'assurer que cela reste mes morceaux à moi ! Tu vois, en les mettant dans un univers différent du leur, ça me permet d'éviter que cela devienne un titre de Bastille ou de Passion Pit. C'est une vraie collaboration. Donc j'ai contacté que j'admirais, dont j'aimais la proposition artistique ou que je connaissais, comme Mark Foster. On s'est loué un studio à Los Angeles, je suis arrivé les mains dans les poches, y'avait des claviers, des guitares, et puis on a improvisé. Ça a donné "Nonsense" et puis une autre chanson très psychédélique, que je sortirais peut-être un jour. C'était super cool, j'ai même fêté mon anniversaire là-bas. Pour d'autres, j'avais des tracks finis et il me manquait des voix. Je les ai envoyés aux chanteurs pour me dire ce qu'ils en pensaient et on a avisé ensemble à partir de là. Par exemple avec Dan Smith de Bastille, on a discuté longuement de ce que nous évoquait le morceau, puis on a trouvé des paroles, d'autres bouts de mélodies et ça c'est fait comme ça.

Tu fonctionnes donc plutôt à l'instinct pour la composition...
Non, pas forcément ! En général, j'ai tendance à être précis, à réfléchir à un concept, une émotion, avant de commencer à composer une mélodie. Par exemple pour "Imperium", j'avais le titre et une sorte de paragraphe de description de l'émotion du morceau, et j'ai écrit une dizaine de versions qui rentrait dans ce synopsis jusqu'à en choisir une. J'aime bien partir d'idées non musicales.

 

 

 

 

« Je voulais comprendre Lady Gaga »
C'est comme ça que tu vois la musique, transmettre une émotion ?
Complètement. Ce qui est bien c'est que c'est... abstrait. Tu vois dans l'art visuel, tu fais beaucoup référence à la réalité ou à des images que tu vois dans la vie, alors que les sonorités que tu entends dans la musique ne sont pas forcément des sonorités que tu vas entendre hors de la musique. Y'a un côté hyper fictif dans la musique : ce n'est ni visuel ni narratif, c'est complètement l'abstrait, déconnecté et du coup tu as l'opportunité de créer des oeuvres vraiment uniques. Pour moi c'est passionnant.

Tu crées ta propre musique mais tu produis pour d'autres artistes comme Lady GaGa, Two Door Cinema Club, Coldplay... Ça fait partie du même job pour toi ?
C'est très différent. Quand je travaille avec quelqu'un d'autre, je ne suis pas Madeon. Je peux produire une identité qui n'est pas la mienne. Avec Lady GaGa, je voulais comprendre ce qu'elle voulait faire et être un outil à sa création, sans déformer ou détourner sa vision. Alors forcément ça passe par le filtre de mes influences et de mes goûts, mais j'essaie d'être attentif aux envies des artistes avant tout. Produire et composer pour soi, c'est vraiment différent. Ce n'est pas du tout les mêmes angoisses, les joies aussi. J'aime les deux, c'est complémentaire.

Avec qui tu aimerais collaborer à l'avenir ?
Pour le coup ce serait des rêves fous mais j'vais dire Paul McCartney, Kanye West, ce genre d'artistes qui ont du vrai génie et qui me donnent envie d'être artisan de l'expression de leur génie.

J'ai l'impression que tu as une vraie volonté de t'affranchir des frontières : tu travailles avec des artistes internationaux, tu t'exprimes en anglais sur les réseaux sociaux, tes chansons le sont aussi...
C'est surtout que j'ai eu la chance de trouver très vite un public qui était mondial. C'est toute la magie d'Internet ! Si je parle en anglais sur ma page Facebook, c'est tout simplement que la grande majorité des likes proviennent statistiquement de pays étrangers.

 

 

 

 

 

 

« Le streaming ? Il faut s'adapter »
Une chanson en français, tu pourrais l'envisager ?
Non, et la raison est toute bête : y'a une certaine distance que l'anglais me confère dans l'écriture. J'ai l'impression de m'exprimer à travers le filtre de la traduction et donc de me sentir "protégé" par rapport au français qui est peut-être trop direct. Comme c'est ma langue maternelle, y'a une nécessité d'avoir du sens donc je préfère la simplicité de l'anglais.

Taylor Swift et Björk refusent de voir apparaitre leurs derniers albums sur les services de streaming, Jay-Z vient de lancer sa propre plate-forme... Qu'est ce que tu penses du débat qui agite le milieu concernant ce mode d'écoute ?
C'est intéressant parce que c'est une phase de transition et les labels ont tendance à vouloir ré-appliquer un modèle qui est en déconnexion avec l'époque. Je pense qu'il faudra un certain temps d'adaptation avant de retrouver un équilibre entre ce que propose l'industrie de la musique et l'usage qu'en fait le grand public. Je suis très curieux de voir ce qu'il va se passer. Moi j'aime bien avoir l'objet entre mes mains, j'aime acheter mon CD, je suis un peu old school mais c'est super de voir des alternatives naître. Ce qu'il faut espérer, c'est que le nouveau modèle donne la possibilité à des talents émergents de s'exprimer. Ça dépend de la nature de l'artiste aussi. Aujourd'hui, c'est souvent le live qui devient la source principale de revenus et il y a des chanteurs qui n'ont pas envie de partir en tournée, alors que d'autres créent assez peu de chansons mais tourne beaucoup... Il faut s'adapter.

Tu as le sentiment d'appartenir à une nouvelle garde du monde de l'électro, aux côtés d'artistes très jeunes comme Flume ou Porter Robinson ?
Porter c'est un de mes amis d'enfance, on se connaît depuis l'âge de 12 ans et on se skype très régulièrement. On s'est beaucoup influencé mutuellement ! A mon sens ce qui est super, ce n'est pas tellement un changement de garde : c'est qu'il y a une sorte de scission et plein de choses parallèles qui fleurissent à droit et à gauche. Ce que fait Avicii et ce que fait Porter n'ont rien à voir. C'est génial qu'on ait pu inventer de nouvelles manières d'exister dans la musique électronique. Certains sont DJs très club, d'autres explorent d'autres émotions avec des choix différents, et le fait qu'on puisse ne pas tous suivre le même format, c'est ça qui est passionnant. J'adore cette évolution et j'ai envie de voir encore plus de divisions, de scènes parallèles et d'alternatives se croiser.

 

 

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