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“Daft Punk Unchained” : le premier documentaire sur l’histoire du groupe

Publié par daftworld sur 18 Juin 2015, 14:33pm

 

 

Entre témoignages inédits et images d’époque jamais diffusées, le premier documentaire sur l’histoire de Daft Punk raconte en détails la transformation de deux gamins parisiens en superstars robotiques de l’entertainment mondial. Les proches collaborateurs et amis du groupe s’expriment pour la première fois.

 
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Thomas Bangalter a 17 ans. Il force sa voix maladroitement et joue de la basse à visage découvert en compagnie de Guy-Manuel de Homem-Christo, à peine plus âgé, et de Laurent Brankowitz, futur guitariste de Phoenix. La scène se déroule à Orsay, en 1992. Le groupe s’appelle Darlin’ et les gamins profitent de la Fête de la Musique pour donner le deuxième et dernier concert de sa très courte existence. Le son grésille, l’image crépite mais la VHS qui a survécu au passage des années constitue l’un des témoignages marquants du film documentaire Daft Punk Unchained, diffusé ce mercredi 24 juin à 20h50 sur Canal+.

Le premier documentaire sur l’histoire de Daft Punk

 

Pendant deux ans, Hervé Martin Delpierre (réalisateur) et Marina Rozenman (co-auteure) ont remonté le fil du temps pour raconter l’histoire de Daft Punk, et isoler les étapes fondatrices de la construction du phénomène. Un projet instigué par la BBC et justifié par l’inexistence d’un tel effort narratif alors que le groupe a déjà dépassé les vingt années de carrière. C’est d’ailleurs le potentiel du récit et le caractère exceptionnel du parcours des deux musiciens qui a séduit Hervé Martin Delpierre, auteur et réalisateur du documentaire :

« Je suis un peu plus âgé qu’eux, j’ai 48 ans. Mais j’ai écouté leur premier album (Homework) quand il est sorti et je faisais partie des gens alertés par la mouvance electro qui naissait. Quand la BBC m’a proposé le projet, j’ai surtout été intéressé par l’idée de raconter une histoire qui s’étend sur vingt ans. Je savais que l’intransigeance avec laquelle les mecs ont défendu leurs idées donnerait une histoire intéressante. Tout l’enjeu était de faire vivre ce récit. »

Pour mettre en images (et en sons) la transformation de deux post-ados parisiens en superstars robotiques de l’industrie du disque, Hervé Martin Delpierre et Marina Rozenman ont sélectionné les étapes déterminantes de leur épopée. Du dernier concert de Darlin’ à Orsay, à la cérémonie des Grammy Awards qui les a définitivement sacralisés à Los Angeles en 2014, le film effeuille la chronologie du succès de Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo. Pour la première fois, les amis et proches collaborateurs du duo interviennent pour analyser et renforcer les extraits de concerts, de clips et d’interviews qui font le squelette de Daft Punk Unchained. Daniel Dauxerre, ancien manageur du groupe Darlin’, se retrouve ainsi à donner la réplique à Pharrell Williams, Kanye West, Giorgio Moroder ou Nile Rodgers par séquences interposées. Sans oublier les analyses et éclairages des journalistes français et américains, témoins privilégiés de l’interminable ascension du groupe depuis vingt ans.

Les Daft Punk ont évidemment donné leur accord pour qu’un tel projet de 85 minutes aboutisse à une diffusion qui pourrait cibler une soixantaine de pays. Mais les musiciens n’interviennent qu’indirectement dans le fil du documentaire, à la faveur d’images d’archives (avec ou sans casques) et d’extraits d’interviews radiophoniques. Hervé Martin Delpierre ne les a d’ailleurs jamais rencontrés :

« Pour avoir accès à leur musique, il fallait leur accord de principe. Je suis allé à Los Angeles avec le producteur de la BBC il y a plus d’un an pour rencontrer Paul Hahn, le manageur des Daft Punk. Il a été très clair sur la façon dont on allait fonctionner : ils étaient d’accord pour nous donner une totale liberté sur la réalisation du documentaire et n’avaient aucun droit de regard sur le film. Le film est produit par BBC Worldwide, le plus gros groupe de distribution de films documentaires au monde. Donc si la BBC ne fait pas en sorte qu’il soit diffusé dans une cinquantaine ou une soixantaine de pays, ils auront échoué. Il y a un sujet universel autour de ce groupe qui dépasse largement le cadre de la musique. Daft Punk c’est aussi une interrogation sur notre société du spectacle et du paraître. C’est passionnant de constater que ce sont des gamins de 19 ans qui ont adopté une posture complètement opposée à tout ça dès le milieu des années des 90.»

Si l’intimité de Bangalter et Homem-Christo est élégamment préservée, le refus de toute compromission artistique, l’interaction entre musique et technologie et la volonté immédiate de garder un contrôle total sur chacune de leur production est expliqué en détails. Exemple très substantiel lorsque le documentaire s’attarde sur la première mutation des deux amis et leur découverte frontale de la techno lors de la légendaire soirée Armistice, organisée sur les toits de Beaubourg dans la nuit du 10 novembre 1992. Serge Nicolas, ami de longue date des robots, se souvient alors de la puissance de la révélation et de la rationalisation presque immédiate du jeune Bangalter confronté à la naissance de la culture rave et de ses dérives :

 

 « Je me rappelle que Thomas n’aimait pas prendre de la drogue. Il me disait ‘quand tu prends un ecsta, ça t’enlève tout ton sens critique’. Thomas déteste perdre le contrôle. »

Dès la fin de l’année 1992, Thomas et Guy-Man se détournent définitivement de la noise-pop mal assurée de leur groupe d’ados pour se concentrer sur la house et la techno qu’ils programment sans relâche depuis l’étroitesse de leur chambre à coucher. Daft Punk est né. Et « les deux albums qui vont changer l’histoire de la musique électronique sont composés dans une chambre d’enfant », comme l’analyse Antoine Ressaussière, autre ami historique du groupe. Ce genre d’éléments renseignant à la fois sur la biographie du groupe et sur son essence artistique trouvent plusieurs incarnations inédites dans le cours du film qui s’emploie à raconter le mythe, sans jamais le déconstruire. Une posture assumée par Hervé Martin Delpierre :

«Le but était de raconter comment l’histoire s’est construite car il n’y a que les initiés qui la connaissent en détails. Les fans de Daft Punk trouveront des choses qu’ils n’ont jamais vues et des voix qu’ils n’ont jamais entendues puisque elles n’avaient jamais eu l’autorisation de s’exprimer. Thomas et Guy-Man ne savaient même pas que les images de Darlin’ sur scène existaient. Ce n’est pas du tout un reportage, il n’y a pas de place pour le débat car il s’agit d’un travail de cinéaste. Je ne suis pas journaliste, ce n’est pas mon rôle. »

Du succès aux paradoxes

 

L’ambivalence du discours de Daft Punk sur la notion de repli et d’anonymat est pourtant subtilement suggérée par le montage du documentaire qui accompagne la success-story du groupe, de la sortie du maxi The New Wave en 1994 sur le micro-label écossais Soma, à celles de leurs quatre albums inesquivables publiés entre 1997 et 2013. Et lorsque les postures mégalo de Pharrell Williams et Kanye West (deux des plus discrets collaborateurs du duo…) répondent aux observations de Bangalter sur la nécessité d’échapper au « grand cirque » de l’industrie-spectacle, l’ambiguïté atteint son paroxysme. II y a évidemment beaucoup d’ironie dans le parcours de Daft Punk, et on en retrouve forcément aux détours du premier documentaire consacré au groupe le plus paradoxal de notre époque – capable de porter la culture du secret et du retranchement à l’extrême tout en assumant la spectacularisation de la musique électronique. Le point d’orgue du documentaire (et l’élément déclencheur dans la mondialisation du groupe) se situe d’ailleurs à équidistance des deux considérations.

En 2006, personne ne savait ce que Daft Punk avait prévu (pas même les organisateurs du festival) lorsque deux casques sont apparus au beau milieu du désert californien pour éclairer la fameuse pyramide de lumières de Coachella. Une rencontre du troisième type qui a achevé la seconde mutation des musiciens, pour les faire basculer dans la démesure de l’entertainment global : « On ne peut pas comprendre la réussite de Daft Punk, illustrée par leurs victoires aux Grammys, sans comprendre ce qu’il s’est passé à Coachella en 2006 » assure Hervé Martin Delpierre. « Ce soir-là, tous les spectateurs munis de smartphones postaient des vidéos via Youtube qui venait d’être créé. L’impact sur l’industrie musicale américaine et sur les festivals a été énorme. Dans la grande Histoire, il faut toujours une convergence de différents éléments indépendants pour aboutir à de grands changements.»


Daft Punk Unchained, mercredi 24 juin à 20h50 sur Canal+

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