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Daftworld

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Bienvenue sur le blog du plus grand fan Officiel de DAFT PUNK !!!


Clique x Winding x Kavinsky

Publié par daftworld sur 31 Octobre 2015, 10:26am

Nous avons rencontré Nicolas Winding Refn lors de son passage à Paris. Le réalisateur danois, auteur de « Drive », de « Pusher » et de « Bronson » (entre autres), est venu présenter son dernier livre, l’Art du Regard. L’occasion, pour Clique, de provoquer une première rencontre entre le réalisateur et Kavinsky, auteur de Nightcall – morceau d’ouverture de « Drive ». Débarrassé de son avatar, le compositeur, qui ne se montre jamais devant les caméras, nous a également fait l’honneur de nous rejoindre.

 

 

Mouloud Achour : « J’aimerais te parler de deux choses : l’amour et la violence. Là où les gens voient de la violence dans tes films, je vois de l’amour. Dans « Only God Forgives », ou « Drive », j’ai vu une histoire d’amour. Pour moi, c’est un mec prêt à défoncer tout le monde par amour. Est-ce que c’est ta façon de définir l’amour ? »

 

Nicolas Winding Refn : « Ce qui me stimule, c’est ce que je voudrais voir. Parfois, ça peut être très violent. Ou ça peut parler du fait de tomber amoureux ».

« Je pense que « Drive » parle d’un homme qui veut préserver l’innocence. La violence devient pour lui un moyen d’affirmer son identité, de protéger l’innocence et l’amour ».

Mouloud Achour : « C’est une façon fragile de parler de l’amour ».
Nicolas Winding : « L’amour est un sentiment délicat, en un sens. Par exemple, je n’ai eu qu’une seule copine. C’est tout ce que j’ai connu.

J’avais 24 ans quand j’ai eu ma première copine. On peut dire que je suis passé directement des bras de ma mère aux siens. Elle est à la base de tout ce que je fais dans ma vie. Elle est la source de tout ce que j’ai. « Drive » est un film sur ce que je pourrais faire pour elle.

« Je vénère sa pureté. C’est ce qui me permet de rester moi-même. La scène où Ryan embrasse la fille dans l’ascenseur, c’est une idée qui m’est venue pendant le tournage. Et quand il fracasse la tête du gars, c’était une façon de définir notre relation, de manière assez violente ».

Mouloud : « Est-ce qu’Hollywood te comprend quand tu fais ce genre de film ? »
Nicolas Winding : « Je ne sais pas s’ils comprennent. Ils cherchent plutôt à savoir si le film sera rentable. Si ça rapporte de l’argent, ils comprennent très vite ». « La créativité, c’est quelque chose de très pur. On la trouve dans le sexe et la violence, dans l’amour et la haine. Ce sont les extrêmes ».

« J’aime tout ce qui s’oppose, je ne trouve pas d’entre-deux. Ça ne me donne pas envie de pleurer ».

Mouloud : « Quand as-tu pleuré pour la dernière fois ? »

« J’ai failli pleurer il y a quelques jours, j’ai dû raconter mon expérience de dyslexique. Quand tu es dyslexique, tu n’as pas beaucoup de perspectives d’avenir, parce que tout repose sur ta capacité à lire et à écrire. Ça m’a beaucoup ému de parler de ce poids que je porte depuis des années ».

Mouloud : « Peut-on peut dire que les vrais hommes pleurent mais ne pardonnent pas ? »

« Je pense qu’il est très important de pleurer. Plus tu es féminin, plus tu es masculin ».

« Pardonner n’est pas particulièrement plus masculin que pleurer. Mais en même temps, si tu ne pardonnes pas, tu n’as pas de côté féminin ».

Mouloud : « Quand t’es-tu senti homme pour la dernière fois ? »

Nicolas Winding : « Il y a une semaine, avant de venir en France, j’étais avec ma femme et mes deux enfants. J’ai pu voir l’harmonie de ma famille. Pour moi c’est ça être un homme, un vrai ».

Mouloud : « Quand je vois ce que tu as fait avant (Valhålla Rising – le Guerrier Silencieux, Inside Job…), tu n’es pas le genre de mec qui va à Hollywood et qui a du succès. Tu es presque un accident ! »

Nicolas Winding : « C’est en partie grâce au fait que les films aient été financés par des amis. Ça a été une grande bénédiction pour moi. Ce sont aussi des films à petits budgets ».

« Je fais des films pour les jeunes. Les émotions sont exacerbées, quand tu es jeune. C’est ce qui rend les choses intéressantes ».

Mouloud : « Parle-moi de Ryan Gosling« .

 « Ryan est mon alter ego. C’est le seul homme qui m’ait jamais embrassé. C’est quelque chose… Il est unique. Il est un prolongement de moi-même, comme des jumeaux séparés à la naissance »

Nicolas Winding Refn nous raconte les débuts de sa collaboration avec Ryan Gosling, et comment est née l’idée de Drive. Un soir où Ryan Gosling le reconduisait chez lui après un dîner désastreux, il a imaginé (shooté aux médicaments, et en larmes) un film « avec un mec qui conduit la nuit en écoutant de la pop ». L’acteur, après quelques secondes de silence, lui a simplement répondu « Je suis partant » :

« Ryan et moi, on est tombé amoureux dans une voiture ». 

Kavinsky entre dans la pièce. Drive est sorti en 2011, mais c’est la première fois que les deux hommes se rencontrent. « J »étais à Los Angeles, en train de monter « Drive » chez moi », se souvient Nicolas Winding. « On écoutait toutes ces musiques. Et puis il y a eu « Nightcall ». J’ai choisi ce morceau, sans hésitation ».

« Nightcall » était la musique qui allait ouvrir le film.

Mouloud (à Nicolas Winding) : « Est-ce que tu connaissais l’univers de Kavinsky avant ? Nightcall, c’est l’histoire d’un fantôme qui conduit une voiture ».

« Non, je ne connaissais pas l’histoire. J’ai juste beaucoup aimé la musique. Je la réécoutais encore et encore, jusqu’à décider de jouer le morceau entier dans le film. Et maintenant que tu me dis de quoi elle parle, c’était prédestiné. Presque comme si Dieu l’avait prévu ».

Mouloud (à Kavinsky) : « Comment as-tu réagi, quand tu as entendu ta musique dans le film ? »

« Je suis allé au cinéma sans savoir exactement quand allait arriver mon morceau. Et je me suis rendu compte que c’était le générique de début ». Je me rappelle avoir crié dans la salle. Et quelqu’un derrière moi a dit « Asseyez-vous ! On veut voir le film ! »

Mouloud : « Tu connaissais sa filmographie »
Kavinsky : « Oui, je suis un grand fan de Pusher ».

Mouloud (à Nicolas Windling) : « Y aura-t-il un Pusher 4 ? »

« J’en doute. Mais je peux affirmer qu’il n’y aura jamais de Drive 2. Tout le monde le voulait, mais j’ai fait ‘Only God Forgives’ à la place. Personne ne m’attendait là ».

« À chaque fois que tu as un succès, tu dois le détruire. Sinon il va te poursuivre très longtemps. Les financiers ont du mal à comprendre cette approche. Mais c’est le seul moyen de rester créatif. C’est tout ce qu’on a, la créativité ».

Kavinsky est du même avis. Il ne refera jamais un second « Nightcall » – qui, à l’époque de sa sortie, était d’ailleurs passé inaperçu.

« J’ai fait ce morceau avec Guy-Manuel des Daft Punk », se souvient-il. « Je pensais que c’était une bonne base pour faire un tube. C’était ma première collaboration avec les Daft Punk. Je me suis monté la tête… et sur le coup, il ne s’est rien passé. Tout le monde disait « C’est sympa, mais pas génial ». Après Drive, tout le monde en était fou ».

Mouloud : « J’ai rencontré Kavinsky à l’époque où il voulait presque arrêter la musique« .
Nicolas Windling : « Ça prouve que si tu y mets tout ton cœur, ça finit par arriver ».

Mouloud (à Nicolas Winding) : « Mads Mikkelsen dit de toi que tu sépares la famille et le cinéma, que tu restes très professionnel« .
Nicolas Winding : « J’essaye vraiment de tout cloisonner. La famille passe avant tout ».

« Mads Mikkelsen et moi, on est totalement différents. On a rien à se dire. T’as l’impression de parler à un crétin. Quand on travaillait ensemble, on ne se quittait jamais. Dans ce contexte, c’est très facile de créer des liens. Ça peut devenir si intense qu’à la fin, il faut t’en défaire ».

« J’ai eu la chance de travailler avec les trois meilleurs acteurs du monde, Mads Mikkelsen, Tom Hardy et Ryan Gosling. Avec Tom, c’est aussi resté très professionnel, on est aussi très différents. Alors qu’avec Ryan, on se ressemble beaucoup ».

« On continue à faire des balades en voiture, la nuit, quand je suis à Los Angeles. c’est notre truc, on roule ».

Le réalisateur nous raconte l’histoire du blouson scorpion, que porte Ryan Gosling dans Drive. – qui s’avère être une réplique du scorpion de Kenneth Anger, issu de son film « Scorpio Rising » (1964).

« Arpès ‘Only God Forgives’, j’ai décidé que je voulais faire quelque chose de totalement différent. J’ai décidé de faire un film sur une fille de 16 ans. Je fais un film centré sur les femmes, avec seulement des femmes. »

Le film, qui s’appellera « Neon Demon », en est à l’étape de la post-production et sortira l’année prochaine.

« J’ai adoré faire ce film, ce sera la seule fois où j’aurai pu me prendre pour une fille de 16 ans. Et qu’Elle Fanning l’incarne, c’était le top ».

Mouloud : « Dernière question pour vous deux : quelle est votre définition d’une clique ? »

Kavinsky : « Pour moi, c’est le clic qu’on utilise en musique pour garder le tempo. C’est tout ».
Nicolas Winding : « Pour moi, c’est quand deux personnes accrochent. De belles choses arrivent ».

Mouloud : « Vous venez de cliquer tous les deux« .
Nicolas Winding : « Ça nous aura pris des années ! »

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