Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Daftworld

Daftworld

Bienvenue sur le blog du plus grand fan Officiel de DAFT PUNK !!!


Du disco à Daft Punk : l’interview définitive de Giorgio Moroder

Publié par daftworld sur 31 Mars 2016, 13:09pm

Du disco à Daft Punk : l’interview définitive de Giorgio Moroder
Aujourd’hui DJ, la légende du disco et pionnier de la musique électronique revient sur sa carrière extraordinaire lors d’un long entretien.

D’Oasis Records aux Daft Punk

Hormis sa paire de lunettes polarisées et ses boutons de chemise rouge vif, ses cheveux gris, sa moustache broussailleuse et ses manières évoquent d’avantage un grand-père que, disons, un Skrillex ou un Diplo. Et pourtant le clou du spectacle ce soir, c’est Giorgio Moroder, pionnier de la musique électronique, géant du disco, compositeur et, à cette étape de sa carrière, tête d’affiche avec son DJ set.

« La diversité de mon public est incroyable », dit-il. « Je vois des jeunes, des moins jeunes, des gens âgés de la quarantaine, d’autres qui en ont cinquante, voire même soixante ! C’est formidable de voir des gens venus du monde entier danser sur ma musique. » Moroder a aujourd’hui 75 ans et il continue de sillonner la planète en tournée – cette fois-ci armé d’un simple MacBook qui contient tous les tubes de son catalogue. Lorsqu’on le qualifie de « plus vieux DJ en tournée » au monde, il répond : « Je ne sais pas si le fait d’être le plus vieux est une bonne ou une mauvaise chose. (Rires.) Mais c’est un sentiment merveilleux, en tout cas. »

ulyces-giorgiomoroder-01

Giorgio Moroder en studio

Né dans le sud de l’Italie en 1940, Moroder a grandi au son des tubes américains – principalement ceux de Paul Anka et d’Elvis Presley, mais il préférait les chanteurs afro-américains. Après s’être essayé à la guitare, il a sorti une poignée de titres sous le nom de « Giorgio » quand il avait la vingtaine. À 26 ans, il s’est exilé en Allemagne pour se lancer plus sérieusement dans la musique. « À part ma famille, il n’y avait rien pour moi en Italie », explique-t-il.

À Berlin, sa carrière a vraiment démarré avec Oasis Records, un label qu’il a contribué à faire émerger. Une fois le label devenu populaire, Moroder s’est mis à collaborer avec Donna Summer, future reine du disco qui, à cette époque-là, voyageait en Europe où elle était à la fois mannequin et choriste. Ils travaillaient en tandem, et on leur doit notamment les énormes tubes que sont « Love To Love You », « Last Dance » et d’autres hits qui ont enflammé les dancefloors européens plusieurs années de suite. À la même période, Giorgio Moroder a ouvert Musicland, un studio d’enregistrement qui a fini par accueillir d’immenses artistes comme Queen, Led Zeppelin et David Bowie. Il a souvent répété depuis à quel point il était fier que son studio ait eu la réputation d’être La Mecque des plus grands artistes de l’époque.

Être le patron de Musicland s’est avéré lucratif pour Moroder, tout comme le fait de se joindre à l’intérêt naissant pour le matériel musical électronique. Et si d’autres de ses contemporains, comme Kraftwerk, expérimentaient volontiers eux aussi, notamment en utilisant des boîtes à rythmes, Moroder a marqué son époque par un grand nombre de sorties révolutionnaires : que ce soit avec From Here To Eternity et ses splendeurs synthétiques, ou avec E=MC², le premier album à être intégralement enregistré numériquement.

1-S49Zq5XgOWxyew6Q7dpnKw

La pochette de l’album E=MC²

Dans les années 1970, son succès a attiré l’attention d’Hollywood, qui a fait appel à lui. Les opportunités se multipliant, Giorgio Moroder a plié bagages pour s’installer aux États-Unis. Là-bas, il a commencé à composer des musiques de films, notamment pour le compte de la Paramount. Et en 1970, il a reçu un Oscar pour la bande-originale du film Midnight Express. Il a également écrit ou collaboré à l’écriture des classiques que sont American Gigolo, Top Gun, Scarface et la version remasterisée de Metropolis, sortie en 1984.

Dans les années 1980, Moroder a alterné entre grandes collaborations – avec David Bowie (« Cat People (Putting Out Fire) ») et Blondie (« Call Me ») – et composition de musiques de film. 1984 a également été pour lui l’année de la reconnaissance internationale avec un titre qui, aujourd’hui encore, le définit à merveille : « The Neverending Story ». En dépit du fait que la chanson ait été écrite pour servir de thème principal à L’Histoire sans fin, elle est devenue incontournable dans le monde entier. Des décennies après sa conception, elle reste un monument de nostalgie auquel rend hommage une infinité de remixes.

Entre 1985 et 1992, Giorgio Moroder a fait le choix de lever le pied. Il n’a sorti que quatre albums solo aux collaborations moins nombreuses et plus confidentielles. Il l’explique simplement : « J’avais besoin d’une pause. » Après une vie passée à travailler sur de multiples projets, il a décidé de profiter des royalties qu’il avait accumulées en plus de trente ans d’une carrière triomphale. En 1992, il a sorti le quatorzième album studio enregistré à son nom, judicieusement intitulé Forever Dancing. En dépit du battage médiatique engendré par sa réunion avec Donna Summer et le soutien de ses fans de la première heure, l’album a été un succès plus critique que public.

« Et puis, un jour, il y a quelques années, les Daft Punk m’ont appelé », raconte-t-il.  « Je savais évidemment qui ils étaient et j’étais un fan de leur musique, mais je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle ils m’appelaient. Ça sortait de nulle part. » Daft Punk admet volontiers avoir été inspiré par Moroder et les deux compères voulaient enregistrer un morceau hommage à leur héros. « Ils m’ont demandé si je voulais collaborer à leur nouvel album et j’ai dit : “Bien sûr, si vous avez besoin de quoi que ce soit, rappelez-moi.” » Il poursuit : « J’étais à Paris à l’époque et ils m’ont dit de passer à leur studio quand j’en aurais le temps. Tout ce que j’ai fait là-bas, ça a été de parler de ma vie. »

ulyces-giorgiomoroder-02

Giorgio Moroder et les Daft Punk

Random Access Memories, le titan de Daft Punk, en plus d’avoir été l’album de l’année 2013, a également réintroduit Moroder auprès d’une nouvelle génération de fans de musique dance. La chanson intitulée « Giorgio par Moroder » est un titre de 9 minutes retraçant sa vie et son influence, le tout dans un écrin d’arrangements minutieux qui cadrent avec ses différentes périodes. « J’étais très heureux quand je l’ai entendu. C’est phénoménal. » Cette collaboration a marqué un tournant pour lui, une sorte de renouveau qui l’a conduit à partir en tournée comme  DJ. L’an dernier, il a sorti Déjà Vu, son quinzième album studio et son premier projet en solo depuis plus de deux décennies.

À l’occasion d’une répétition avant le début de sa tournée, je me suis entretenu avec Moroder pour qu’il me raconte les histoires qui se cachent derrière ses plus grands coups artistiques. « Pendant les dix prochains jours, je serai de retour en Europe. Je commence à avoir du mal à encaisser les onze heures de vol. Mais j’adore être sur scène », dit-il.

 D’Italie en Allemagne

Quel genre de musique écoutiez-vous pendant votre enfance en Italie ?

Je n’ai jamais vraiment écouté de musique italienne, ou de musique plus traditionnelle et folklorique. J’ai grandi dans le nord de l’Italie, nous avions donc la possibilité d’écouter autre chose. La plupart des stations de radio que j’écoutais diffusaient en anglais, et programmaient beaucoup d’artistes afro-américains. Au final, j’ai surtout écouté de la musique américaine. On entendait aussi beaucoup Elvis, naturellement. Je me souviens aussi de Bill Haley. The Platters, aussi, et des premiers groupes de rock. À cette époque, il y avait des tonnes de films dans lesquels on pouvait voir des chanteurs afro-américains, et j’ai toujours beaucoup aimé la musique noire. Ils diffusaient ces films près de chez moi…

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents