Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Daftworld

Daftworld

Bienvenue sur le blog du plus grand fan Officiel de DAFT PUNK !!!


Daft Punk Unchained est-il gallophobe ?

Publié par daftworld sur 1 Juin 2016, 14:18pm

Daft Punk Unchained est-il gallophobe ?

 

 

Ça avait pourtant bien commencé. Daniel Dauxerre, vendeur au premier étage du feu Rough Trade (rayon indie pop) et manager de Darlin’, le designer Serge Nicolas, Éric Chédeville (fondateur du label Crydamoure avec Guy-Man) et même Maya Masseboeuf, seule fille du docu et directrice artistique de Labels/Virgin à la manœuvre du deal qui a changé la face du disque, apparaissent en longueur dans ce qui est présenté comme une jolie histoire parisienne, celle d’une bande de potes qui ont diversement cartonné. Problème, passé l’an 2000 et l’arrivée des casques, les « froggies » disparaissent de la narration, on est en plein rêve américain… Or, ce ne sont pas les Daft qui ont coupé leurs potes au montage, étant donné que le groupe s’est tenu à bonne distance du projet, «pas en dehors pour que ce soit officieux ni trop impliqué pour que cela devienne officiel », nous souffle un robot. Rétablissons la balance des paiements en 5 points sensibles.

 

 

SERGE NICOLAS


sergenicolas

Interviewé au début du doc, le designer Serge Nicolas n’est pourtant pas crédité comme celui qui a signé la pochette d’Homework, représentant un écusson «Daft Punk » (la typo est de Guy-Man), ainsi que les rondelles, tee-shirts et pochettes des maxis parus sur Roulé (label de Thomas) et Crydamoure (label de Guy-Man) jusqu’à la sortie du premier album en 1997. Par la suite, Serge signera l’artwork de Stardust et deviendra graphiste en chef de Diamond Traxx, le label lancé par Benjamin Diamond, voix de Stardust. Dans Daft Punk Unchained, le créateur du magazine Magic (alors Magic Mushroom) raconte comment il a accompagné ses potes « indie» vers les joies extatiques de la musique électronique, et permis la rencontre avec les Écossais du label Soma. Une genèse fort bien racontée mais est-ce suffisant ?
Verdict Interviewé en longueur, on ne peut pas dire que Serge Nicolas ait été maltraité dans le doc, mais il eut été judicieux de préciser ce qu’il avait fait pour le groupe.

 

ALEX & MARTIN


alexetmartin

Daft Punk Unchained nous emmène sur les traces du « légendaire» Tony Gardner, roi des effets spéciaux et du maquillage gore ayant sévi dans La Famille Adams, Batman & Robin ou bien encore Jackass. Il est présenté dans le doc comme l’unique créateur des casques et des tenues de robot qui, et c’est très bien raconté par Pedro Winter, ont surgi dans la vie des Daft au soir de l’an 2000 et d’un bug qui n’est pas plus venu que les excuses publiques de Paco Rabanne. Problème: les casques ont été dessinés par Alex & Martin, duo qui a clippé 90 % de la french touch – Air, Phoenix, Cassius à deux puis Justice, Tellier, et même U2 ou Rod Stewart aujourd’hui pour Alex Courtès en solo. Bref, un oubli de taille, même si leur nom a été rajouté in extremis au générique.
Verdict Un duo aujourd’hui séparé qui a co-dessiné les casques avec les Daft avant de se rendre au studio Alterian de Gardner ayant effectivement réalisé ce rêve d’enfant, ce n’est pas Fukushima. D’autant que l’erreur est réparée, donc on passe.

 

STARDUST


stardust

C’est de l’aveu même du réalisateur une véritable impasse. Non un oubli, donc. Il est dit en substance dans le doc que c’est «One More Time» en 2001 qui décapsula la canette Daft Punk aux USA. C’est vrai. Sauf que trois ans plus tôt, un morceau français explosait déjà les charts ricains, et s’intitulait «Music Sounds Better With You». Le groupe? Stardust, composé de Benjamin Diamond, Alan Braxe (Alain Quême, cousin de DJ Falcon qui signe le titre final de RAM, «Contact ») et… Thomas Bangalter himself. Comment ce groupe, né à l’occasion d’une soirée organisée par Jess & Crabbe, et qui s’était mis à répéter dans le studio de Crydamoure à Neuilly (prêté par Éric Chédeville et Guy-Man), a-t-il réussi un carton planétaire? Verdict L’album de Stardust enregistré à Nassau étant tombé aux oubliettes, sans doute était-il compliqué de développer cette histoire dans l’Histoire.

 

TRANSLAB


translab

Le doc raconte comment les ingé-sons sont partis en voiture des studios Capitol pour rejoindre les studios Getaway de Portland avec les bandes de RAM dans le coffre pour y faire le mastering. Il y a des images amusantes prises sur une sorte de Road 66 avec des selfies aux stations-service etc. Mais l’histoire ne dit pas que RAM a été mastérisé une deuxième fois à Paris par un certain Antoine Chabert, dit «Chab», présent aux Grammies aux côtés de Bob Ludwig, star du métier qui est seul crédité dans Daft Punk Unchained.
Verdict Au départ uniquement crédité sur l’édition vinyle la plus vendue au monde, «Chab» est absent du doc mais nul ne s’en étonne, car déjà en France on a du mal à s’intéresser au mastering, alors le deuxième mastering… On comprend dès lors que les Daft aient refusé de participer aux Victoires de la Musique, où n’existe aucune catégorie sur le son contrairement aux Grammies ! Or ce sont eux qui produisent 90 % du son français.

 

GANG

 

 

Dans le doc, il est fait mention des studios Capitol de Los Angeles et du mythique studio Electric Lady à New York City  avec Nile Rodgers, mais quid de Gangsuperbe studio parisien en face d’Austerlitz ? C’est pourtant là que Florian Lagatta (et Guillaume le Braz) a enregistré une grande partie des prises live de RAM, notamment celle de la voix de Moroder qui a parlé sur 3 micros différents… L’anecdote est racontée en détail dans le documentaire, sans préciser que ces micros sont à l’évidence entretenus par Jean-Pierre Janiaud, l’homme qui a bâti la légende de ce studio si cher à Michel Berger. Janiaud et Florian, qui vient pourtant d’obtenir un nouveau Grammy pour Beck, sentent-ils trop le camembert pour Canal ?

 

Verdict Le doc dans son entier n’est pas en cause, et montre des moments et des archives géniaux… Mais on parle d’un duo français, alors pourquoi faire l’impasse sur le plus beau studio parisien où viennent enregistrer les pointures pop internationales ?

 

VERDICT FINAL ! Démarrant comme une jolie histoire parisienne devenue un triomphe intersidéral, Daft Punk Unchained propose de vraies pistes de réflexion autour des inspirations, allant du Phantom of the Paradise de de Palma à la pop indé de leurs débuts shoegaze. On comprend bien leur mutation de la pop vers la house garage puis vers une pop mainstream en lien avec leur enfance. Dommage que nos copains français bourrés de talent n’aient pas tous trouvé grâce aux yeux des auteurs, monteurs ou producteurs de ce doc événement si réussi par ailleurs.

 

 

DVD « Daft Punk Unchained »

 

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents