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Daftworld

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Bienvenue sur le blog du plus grand fan Officiel de DAFT PUNK !!!


Pedro Winter : “J’ai un tatouage PNL”

Publié par daftworld sur 13 Juillet 2016, 16:43pm

Pedro Winter à Calvi on the Rocks - © Pascal Montary

 

Patron d’Ed Banger, Pedro Winter a pris le temps de se confier en marge de Calvi on the rocks. Sur la plage ensoleillée de l’Alga, Busy-P évoque le prochain album de Justice et lance un appel à Nekfeu pour qu’il le rejoigne à Calvi l’an prochain.

Tu fêtes ta dixième participation à Calvi on the rocks. Que représente ce festival pour toi ?

Pedro Winter – Je prends toujours le même plaisir surtout que j’ai l’impression que le festival s’organise, prend de l’ampleur, devient rentable. On voit que de plus en plus de partenaires se bousculent au portillon pour être présents ici. Et à l’international, Calvi on the rocks est un festival qui est vraiment inscrit sur la carte désormais.

Est-ce que tu penses que le public est différent ici ?

Je pense qu’il est sans doute plus jeune et plus populaire. Au début, on avait tendance à étiqueter Calvi on the rocks comme un festival de branchés hyper pointus. Je trouve que c’est un festival qui continue de prendre des risques et qui fait le pari des découvertes mais qui en même temps est capable de faire venir de grosses têtes d’affiches comme Mark Ronson.

Tu es consulté parfois sur la programmation ?

C’est un collège et ils délibèrent ensemble. Mais c’est marrant que tu me demandes ça car ils m’ont récemment demandé si c’était pertinent que Breakbot et moi partagions la scène avec Doc Gynéco. J’ai dit que musicalement nos univers étaient différents mais que dans le cadre d’une programmation, je trouvais ça cohérent.

Tu continues à suivre un peu le rap français ?

Non même si j’ai un tatouage PNL et tout le monde me taille là-dessus (rires).

Tu aurais dû déposer l’acronyme. C’est quoi l’histoire de ce tatouage ?

C’est un tatouage que j’avais fait avec DJ Mehdi, une sorte de blague entre nous. Ca voulait dire “Pleasure et no limit”, en gros : profitez de la vie.

Pedro Winter- @ Pascal Montary

Pedro Winter à Calvi on the Rocks – Crédit Pascal Montary


Tu aimes bien PNL ?

Oui je kiffe bien et j’ai été assez touché par leur performance à We Love Green. C’était leur premier live et j’ai bien aimé leur côté naturel, pas du tout surjoué. Il y a une espèce de mélancolie qui se dégage de ce qu’ils font. Après j’ai 41 ans, donc le rap français, ça me concerne moins, je ne suis plus la cible.

Tu penses que des rappeurs comme Nekfeu auraient leur place ici ?

Nekfeu aurait complètement sa place à Calvi on the rocks. Je pense qu’il s’éclaterait. Et pourquoi pas l’année prochaine ? J’en profite pour passer un message : “Nekfeu si tu es libre, viens nous rejoindre”. J’adorerai être le DJ de Nekfeu à Calvi on the rocks.

Cette année, tu as fait un set avec Martin Solveig. Comment t’es venue cette idée ?

Ca fait dix ans que je viens ici et je faisais tous les dimanches des DJ set sur la plage. J’ai invité des gens comme James Murphy ou Laurent Garnier. Et David Blot me disait à ce propos sur Nova : “Tu as collaboré avec des artistes un peu intouchables, on ne peut pas dire la même chose de Martin qui fait des choses plus commerciales”. Je veux bien le reconnaître mais j’estime que contrairement à David Guetta ou Bob Sinclar qui se sont perdus dans une spirale commerciale et qui ne peuvent plus revenir en arrière, Martin a toujours gardé un lien avec notre culture et l’amour de la house music. Et puis pour l’anecdote, quand j’ai commencé à mixer au Palace en 1995, j’étais dans la petite salle et c’est lui qui faisait le warm up dans la grande. On a commencé ensemble, on a eu des trajectoires différentes mais ça fait plaisir de se recroiser.

Ed Banger fête ses 13 ans. A quoi peut-on s’attendre dans les prochaines années ?

Les deux prochaines années s’annoncent assez chargées pour nous avec les projets de Justice, Cassius, Mr. Oizo et enfin Sebastian qui bosse sur un nouvel album. Ca me fait plaisir de retrouver un engouement autour de notre label. Nous ne nous étions pas sentis délaissés mais il y avait une forme de nostalgie un peu précoce qui était en train de se développer. C’est bien de dire que nous avons été précurseurs mais c’est un peu tôt, on fera le point dans 20 ans (rires).

Tu as dévoilé un premier extrait de l’album de Justice au festival Sónar de Barcelone. Tu sens que l’attente est montée d’un cran ?

Lorsque j’ai joué le morceau en live, il y a des gens au premier rang qui ont compris tout de suite. Mais ce qui est marrant à notre époque de l’instantanéité, c’est que j’ai passé le morceau il y a un mois et que le buzz sur le net n’a pris que depuis une semaine. On a fait exprès de ne pas prendre la parole et de laisser le truc monter naturellement. Ca prouve que même si tout le monde pense que nous sommes des control freaks, on fait les choses de manière assez spontanée (rires).

Vous aviez envie d’échapper au plan promo traditionnel ?

J’avais envie de jouer ce morceau donc je l’ai fait. Après on a vu que Shazam avait identifié le titre mais il n’était pas censé reconnaître le morceau tout de suite. Le coté spontané du Sónar plus la viralité sur les réseaux sociaux et le bug de Shazam, fait qu’il y a un environnement qui me plait bien. Il y a une vraie excitation autour de la sortie de l’album de Justice.

Comment gères-tu ta relation avec tous les artistes qui composent l’écurie Ed Banger ?

Je me vois plutôt comme un producteur. Il y a parfois des contraintes dans ma relation à eux mais elles sont assez libérales. Mon souci est de préserver leur environnement artistique. Je n’ai jamais dit à un artiste : “Il nous manque un single ou deux” par exemple alors que c’est quelque chose que j’ai beaucoup entendu au cours de ma carrière.

Si le processus créatif d’un artiste réclame beaucoup de temps, ça ne t’a jamais gêné ?

Un artiste comme Justice qui met 5 ans, ça ne me pose pas de problèmes. Par contre, un artiste qui débute et qui mettrait cinq ans, c’est plus compliqué car il y a une grosse concurrence aujourd’hui. Je reçois 300 morceaux par semaine donc quand tu es jeune et que tu veux marquer les esprits, il ne faut pas tarder. Il y a un artiste que j’aime bien et qui n’est pas chez Ed Banger, c’est Jacques. Et il illustre bien ce que je dis. Il délivre de la musique, des concerts, il fait des performances. Il y a un réel contenu. Il turbine.

Tu aimerais le faire signer ?

Oui mais c’est trop tard car il a son label et je lui souhaite que ça marche. Je trouve que son titre “Dans la radio”, c’est un petit tube.

Vous n’avez jamais aucun impératif commercial au sein d’Ed Banger ?

Nous avons réussi à construire un système qui fait que nous n’avons pas de contraintes financières. Je ne suis pas un gestionnaire particulièrement doué mais je suis prudent, ce qui fait que je ne dépense pas des milliards dans des projets. Nous avons une stabilité et des fondations assez solides qui nous permettent de résister aux pressions financières. En bref, si l’on ne vend pas 500 000 disques de Justice, je ne mettrai pas la clé sous la porte.

Mais j’imagine qu’attendre 5 ans pour obtenir un disque de Justice, c’est un gros investissement…

C’est un investissement mais il y a une énorme confiance entre nous et c’est la clé ultime. Je pense qu’Ed Banger ne peut pas exister sans Justice et Justice ne peut pas exister sans Ed Banger. Nous avons la même ADN.

Ca ressemble à quoi une journée de Pedro Winter aujourd’hui ?

Je compare toujours ma vie à celle d’un chauffeur de taxi qui commence sa journée à un endroit et qui ne sait pas s’il va la terminer à Orly, Roissy ou Gare de l’Est. Je vais parfois bosser sur des concerts, parfois sur des clips, sur des recherches de partenariats. On essaye de réagir à l’actualité de nos artistes également.

Dès fois, tu n’as pas le sentiment pas que ta carrière de manager s’est construite au détriment de ta carrière d’artiste ?

Non mais je pense que c’est lié à mon âge, la grande sagesse de l’homme de 41 ans (rires). Et puis j’ai une bonne gestion de l’ego trip. Je prends du plaisir à jouer devant une scène pleine mais je sais très bien que je suis au service de Justice ou de mes artistes. Quand tu bosses avec Daft Punk, ça t’apprend l’humilité. Tu sais que tu ne prendras jamais leur place même si on m’a parfois appelé “Monsieur Daft Punk”. J’ai toujours été à leur service. Et j’ai appris beaucoup de choses en les regardant aussi. Daft Punk c’est le plus grand groupe au monde et ce sont les mecs les plus normaux, les plus passionnés et les plus travailleurs de la Terre. Je m’élève aussi en regardant les autres. Sans faire de l’analyse politique en tongs, je pense que notre monde va mal car nous sommes prisonniers de notre individualisme. Le délire de vivre tous enfermés sur nous-mêmes dans nos communautés, ça ne mène nulle part…

Ed Banger, c’est un label qui doit porter des valeurs humanistes selon toi ?

Je t’avoue que le duo qu’on formait avec DJ Mehdi véhiculait certaines valeurs. Mehdi disait souvent : “On a pas besoin de véhiculer un message politique car nos actes le sont”. Nous aurions pu prendre la parole sur certains sujets politiques mais aujourd’hui avec sa disparition, c’est plus compliqué. Après j’ai bien envie de casser le cynisme ambiant et j’estime que nous pouvons tous à notre échelle nous bouger pour changer les choses. Il faut que l’on s’habitue à sortir de notre petite zone de confort. Et en ce moment dans la musique électronique parisienne, on est en train de se poser la question sur ce que pourrions faire ne serait-ce qu’une fois par an, pour aider des associations. L’ambiance politique est assez dégueulasse et je pense que nous qui avons un peu d’ambitions et de moyens, nous pouvons nous bouger pour porter un monde meilleur.

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