
Depuis qu'il est gamin, Nathan Derouet, originaire d'Argentan (Orne), s'entraîne à mixer seul chez lui. Désormais, il produit ses morceaux et a même été remarqué par DJ Snake.
Nathan Derouet, alias Nesttax, est à peine majeur mais a déjà une solide expérience de DJ derrière lui. « J'ai commencé il y a huit ou neuf ans, se souvient-il. Avec un ami on passait nos après-midi, dans sa chambre à mixer. » Nathan chope le virus de la musique en entendant des sons de Daft Punk : « J'ai découvert qu'ils étaient masqués sur des vidéos YouTube, j'ai vu des extraits de leurs concerts. »
Formé sur Internet
Une révélation pour ce jeune adolescent qui passe des années à s'entraîner seul avec un contrôleur, « moins cher que des platines. » Très vite, il décide de créer ses propres morceaux : « C'est simple, il suffit d'avoir un ordinateur et un casque. J'ai pris le PC de mon père et j'ai recherché les meilleurs logiciels. » Nathan apprend seul. Regarde des vidéos tutorielles sur Internet pour tenter de déchiffrer ces logiciels.
Avec les progrès de la technologie, ils sont nombreux, comme lui, à fabriquer de la musique, enfermés dans leur chambre. « Avant il fallait des grosses machines, ce n'est plus le cas. Sur Internet, je parle beaucoup avec des jeunes comme moi. Ils me posent des questions, me demandent des conseils. »
Encouragé par DJ Snake
Nathan, lui, a déjà posté six morceaux sur les plateformes musicales Spotify et Soundcloud, sous le pseudo Nesttax. Étudiant le jour en bac pro systèmes électroniques numériques, à Condé-sur-Noireau (Calvados), il profite des vacances pour passer ses nuits à composer. « Pour l'instant mes parents me laissent tranquille, tant que j'assure en cours », sourit-il.
Ses sons ? Ils évoluent selon son humeur : « Certains sont joyeux, d'autres plus sombres comme celui que j'ai fait au moment des attentats à Paris, j'avais intégré un sample (extrait sonore) de bombe. » Il s'inspire également de rappeurs américains et de Dj connus comme Petit Biscuit, Azar et surtout DJ Snake. « Il m'a suivi sur Twitter et m'a envoyé un message d'encouragement », raconte fièrement Nathan.
Il ne s'est jamais lancé face au public. « Mon but n'est pas forcément d'être connu, c'est avant tout une passion. J'avais proposé mes services à la boîte de nuit le 225, ils étaient intéressés, mais je n'avais pas dix-huit ans à l'époque. » En attendant, il peut compter sur le soutien de ses amis, ses premiers fans. « Je mets mes morceaux sur Snapchat et eux, ils partagent sans que je ne leur demande quoi que ce soit. Ils me soutiennent beaucoup. » Et pourquoi pas le retrouver bientôt derrière des platines :« Au carnaval de Caen, j'aimerais bien. »