Dans l’interview accordée à « Dazed & Confused » les « Daft’s » rappellent qu’ils ont commencé comme un duo « de musiciens électroniques en chambre », et soulignent le pas de géant que constitue le fait de faire jouer leur musique aujourd’hui par « un orchestre de 90 musiciens » prestigieux, à Londres.
« Nous avons la chance d’avoir expérimenté des moments très forts artistiquement au fil des ans, mais enregistrer avec cet orchestre a été une expérience très intense » déclare Thomas Bangalter.
Inspiré par « Bernard Hermann, John Carpenter, Max Steiner, Vangelis et Maurice Jarre » le duo a voulu faire une musique hors du temps, inusable. Pour ce faire ils se sont limités à six ou sept sons digitaux incorporés comme des instruments virtuels au sein de l’orchestre.
« Nous savions dès le départ que nous ne ferions pas cette BO avec deux synthétiseurs et une boîte à rythmes« , reprend Thomas. « Il y a plus de latitude pour expérimenter avec un orchestre« , selon lui.
Guy-Man: « essayez la musique classique »
Guy-Man espère pour sa part que les arrangements de cette B.O. orchestrale encourageront les fans à se plonger dans la musique classique. « L’âme et l’émotion de la musique classique sont tellement puissantes que c’est très facile de l’aimer – c’est juste que les gens pensent qu’il faut y être éduqué. J’ai moi-même pensé ça pendant longtemps, jusqu’à ce que je finisse par essayer »
Thomas enfonce le clou en soulignant la longévité des instruments classiques comme le Stradivarius, comparée à celle des outils électroniques.
« Le violon était là il y a 400 ans et le sera encore dans 400 ans. Mais les synthétiseurs qui ont été inventés il y a 20 ans auront probablement disparu dans 20 ans. »
Mais alors, la techno pour faire danser les inspire-t-elle encore ? Moins qu’auparavant en tout cas, si l’on en croit le duo qui affirme être toujours aussi « excité par la musique » mais cherche avant tout à expérimenter en permanence.
« Dans le passé, nous avons oeuvré à entrechoquer les genres comme le disco et le heavy metal » et nous allons le faire cette fois avec le classique pour une musique de film… »c’est l’idée de l’ultime rétro-futurisme. » Rappel Thomas.
