Breakbot, de son vrai nom Thibaut Berland, a construit son univers musical et visuel.
Cheveux longs, bruns, une allure de personnage de bande dessinée, Breakbot, de son vrai nom Thibaut Berland, fait traverser les décennies avec sa musique empreinte de nostalgie, de pop, de disco, de funk et d'electro, de soleil. Après quelques EP, l'ancien graphiste sort son premier album, By Your Side, taillé pour faire danser tout un été.
A-t-il été naturel de passer du graphisme à la musique ?
Thibaut Berland : « Naturel ? Je ne sais pas. Cela n'a pas été compliqué. Je joue de la musique depuis que je suis tout petit. A 5 ans, on m'a forcé a apprendre le piano. A cet âge-là, vous
n'avez pas toujours envie de jouer du piano avec une vieille dame. Vous préférez aller jouer. Aujourd'hui, je ne regrette pas. Quand j'étais ado, j'ai commencé à improviser, à faire n'importe
quoi. En fait, cela a été assez naturel ».
Que vous apporte aujourd'hui votre expérience de graphiste ?
« Je considère qu'il est nécessaire d'avoir un univers visuel, assez marqué, lorsque l'on fait de la musique. Comme Michael Jackson, Justice ou Daft Punk. J'essaie de faire pareil. Il est
important que ceux qui vous écoutent puissent s'identifier. Je me sers ainsi de mon expérience pour cela, pour concevoir les pochettes, les clips ».
Quand vous composez, avez-vous des images dans la tête ?
« Non, pas forcément. En revanche, je peux penser à des atmosphères, à des ambiances de films, à des sentiments que j'ai envie d'exprimer. Tout cela m'aide beaucoup à composer ».
Dans ce premier album, on traverse plusieurs décennies. Quelle est votre culture musicale ?
« Comme je suis curieux, j'écoute toutes sortes de musique. J'ai une préférence pour les trucs un peu rétro. J'aime bien aussi la musique du XIXe siècle, celle des années vingt, cinquante… Mes
influences viennent davantage des années soixante-dix et quatre-vingt ».
Pourquoi ?
« Quand j'étais enfant, j'avais des grands frères qui écoutaient beaucoup de musique. Je suis né en 1981 et ils avaient toute cette culture. Cela a forcément bercé mon enfance. Plus tard, j'ai
écouté Radio Nova, un média super ouvert qui passait autant du funk, du disco que de la soul. Cela a éduqué mes oreilles. Après, il y a eu internet et je suis sorti ».
Est-ce que faire danser est votre première volonté ?
« Non, à la base, je ne voulais pas faire danser. Mes premiers titres sont plutôt lents, assez contemplatifs. Je composais le soir sur mon ordi, juste avant de m'endormir. Cet aspect dance est
arrivé plus tard, quand j'ai commencé à sortir. J'étais à Paris, j'avais fait la connaissance des membres de Justice. Je me suis ainsi plus intéressé aux morceaux plus club ».
Que préférez-vous : composer, remixer ou être sur scène ?
« Même si j'adore jouer sur scène, je préfère composer. Je suis trop timide ».
Est-ce pour cette raison que vous ne chantez pas ?
« Je ne sais pas chanter. Je chante vraiment mal ».
Vous faites appel à des chanteurs, à des auteurs. Comment travaillez-vous avec eux ?
« Je commence à avoir mes copains dans ce milieu, comme Irfane. Avec eux, je commence à composer une sorte de morceau instrumental. On se met d'accord sur une mélodie et ils écrivent ensuite le
texte. Tout se passe naturellement et assez vite ».
Combien êtes-vous sur scène ?
« Je suis avec Irfane. Pour palier au manque de vie sur scène, j'ai ajouté de la vidéo ».
Pensez-vous former un groupe de musiciens ?
« J'y réfléchis. Pour la scène, c'est intéressant d'avoir plus de vie. Ce sont des choses qui se travaillent. Pour l'instant, j'y réfléchis ».
Breakbot