Le premier film de Michael Mann est un polar, mettant un scène un gangster, Franck, joué par James Caan. Il campe un ex-prisonnier qui a purgé une peine de onze ans, un voleur de bijoux, vendeur de voitures d’occasion pour sa couverture. Tout va bien pour lui jusqu’au jour où il rencontre un parrain qui lui propose de travailler pour lui. Mais Franck est son propre patron et ne veut que du cash, qu’il envisage de gagner après un gros coup.
Ce Thief est un polar au rendu hyper efficace. Pour son premier film diffusé en salles (il avait réalisé avant cela deux téléfilms), Mann frappe un grand coup. L’histoire est centrée sur un personnage atypique, auquel on s’identifie malgré ses défauts, sa rudesse et son mode de vie.
Le scénario, écrit par Mann lui-même, est assez simple mais taille la part belle au personnage principal. Tous les autres personnages ne sont que secondaires, ne sont que des interférences dans la vie de Franck, qui poursuit le but de gagner assez d’argent pour se retirer avec sa famille. Il sait qu’il peut avoir à abandonner sa femme si les circonstances l’exigent. C’est donc elle qui doit s’adapter à sa vie et non l’inverse et il va d’ailleurs l’arracher à son existence.
Sa manière de gérer sa vie privée ressemble furieusement à celle de Neil MacCauley, le personnage campé par de Niro dans Heat.
On ne vit l’histoire qu’à travers Franck et même ceux qui vont devenir ses ennemis, comme les policiers (dépeints comme des ripoux) ne seront pas développés.
La réalisation est assez sobre, on découvre des plans de Los Angeles la nuit, avec une insistance sur les lumières de la ville, les vues en hauteur: du toît d’un immeuble lors des repérages ou de la préparation d’une opération, du toît d’un bâtiment lors d’une surveillance. Ce sont des plans que l’on retrouvera dans tous les polars contemporains de Mann (principalement Heat et Miami Vice).
L’action est crue, souvent emprunte de violence sèche, rapide, avec une priorité toujours donnée à l’efficacité.
Une particularité se dégage de ce film avec un aspect réaliste donné aux phases de cambriolage, durant lesquelles on assiste à toute la partie technique et manuelle de l’opération. Cette phase prend alors une part importante à l’écran et on voit les personnages réaliser des soudures, une brûlure de métal au chalumeau, un crochetage de serrures, de manière appuyée.
Ce film est très bon, rythmé, efficace, la musique très 80′s à base de synthétiseurs et de guitare électrique accompagne toujours très bien l’action et contribue à donner l’impression qu’il n’y a pas de temps mort et que tout ce qui défile à l’écran est important, captivant ou au moins intéressant.