Random Access Memories est pour sûr la sortie évènement de 2013. Rien n’échappe à la folie Daft Punk, tous les médias sont en ébullition au moindre mouvement du duo et plus le 21 mai approche, plus les fans deviennent fous. Il est temps de faire un point sur Random Access Memories, 1 jour avant la sortie du premier single et clip, Get Lucky.
Random Access Memories, 8 ans après Human After All
Human After All était la dernière sortie studio en date du duo. Distribué en 2005, Human After All était loin de faire l’unanimité. La différence trop avouée avec Homework et Discovery a déçu bon nombre de fans qui se sont laissés emporter en affirmant que le duo était allé trop loin en terme d’électronique, que le charme Daft Punk avait disparu.
Heureusement, les Daft Punk avaient une carte à jouer que tout le monde avait oublié de mentionner, leurs performances en live. Parce que la tournée Alive débutée en 2006, a remis au goût du jour ce dernier album en incorporant tout le « modèle » Daft Punk. Un concert très basique dans sa forme mais d’une énergie tellement forte qu’il a réussi à réconcilier tous les fans déçus par Human After All.
Cela étant dit, il est vrai qu’entre Human After All, le live Alive 2007 et la bande originale de TRON Legacy, les Daft Punk n’ont pas été très actifs. Il faut dire que Random Access Memories est un travail sur le long terme, la production a débuté en 2008. On imagine aisément la quantité de démos créées pour l’album.
La question d’Internet et la promo énigmatique de Random Access Memories
Lorsqu’un tel évènement devient publique et ne fait plus aucun doute quant à une sortie éminente, de nos jours nous avons pris l’habitude d’entendre des leaks de morceaux toutes les semaines pour finalement se retrouver avec un album entièrement écoutable plusieurs mois avant sa sortie. Certains sont allé jusqu’à critiquer bêtement cette promotion, digne des années 90, faisant tout pour oublier l’incontournable Internet, alors qu’ils ont oublié une chose cruciale : Daft Punk n’a pas besoin d’Internet, Internet fait le boulot des Daft Punk.
Nul besoin pour le duo de diffuser des informations à profusion. La moindre rumeur est relayée instantanément sur tous les réseaux sans même que celle-ci soit vérifiée. Pour nous, la promotion de Random Access Memories est parfaitement maîtrisée. En à peine une semaine on a eu le droit à la diffusion de la tracklist complète avec tous les featurings présents dans l’album, à un court extrait d’un clip qui sera diffusé dès lundi 15 avril et surtout la sortie programmée du premier single, Get Lucky. Vous n’avez pas pu passer à côté, tout le monde en parle alors que les Daft Punk ne s’expriment jamais sur les réseaux sociaux ou au travers de leur site. La raison? Ils n’en n’ont pas besoin.
C’est bien le seul groupe au monde qui peut se permettre de ne pas diffuser d’informations en exclusivité sur Internet alors que maintenant c’est devenu quasi-indispensable pour tout artiste. Ancien produit le plus exporté de france, le duo jouit d’une crédibilité mondiale et d’un talent incontesté qui leur permettent de maîtriser habillement leur communication. Rien ne filtrera avant la sortie de l’album et c’est tant mieux.
Get Lucky, premier single de Random Access Memories avec Pharell Williams et Nile Rodgers.
Le festival Coachella, réputé pour sa programmation folle d’années en années a eu l’honneur de diffuser en avant première les extraits du clip de Get Lucky avec Pharell Willams et Nile Rodgers. Un clip où les paillettes sont à l’honneur et signe le retour au disco. Rien de bien surprenant, on est dans l’ambiance de Discovery où les collaborations ingénieuses ont remplacé les samples de chaque pistes. Il semblerait que Guy-Man et Thomas Bangalter étaient présents derrière la scène pendant la diffusion pour la petite anecdote.
La grosse surprise vient du fait que l’intégralité du clip sera diffusé ce lundi tout comme le single qui sera en vente au même moment. Un soulagement quand même nous doutions de la sortie d’un single avant celle de l’album. Si vous voulez avoir un aperçu, voici la version télé de l’extrait diffusé à Coachella de Get Lucky.
La production de Random Access Memories
Le site Rolling Stones nous a donné quelques indications sur le processus de production de Random Access Memories. Le premier point, le plus important, est que le duo voulait recréer ce qu’ils sont capables de faire avec des machines mais cette fois avec une construction de groupe, avec de vrais instruments, de vrais collaborateurs. Et quels collaborateurs! La seule exception est la dernière piste avec Dj Falcon qui reprend un sample d’un titre rock Australien. Pas plus de précisions données sur le titre. Les seuls éléments électroniques utilisés lors de la production ont été les synthétiseurs et tout l’arsenal de vocoder qui ont permis la création d’un son vintage.
Here, we were trying to make robotic voices sound the most human they’ve ever sounded, in terms of expressivity and emotion.
Le titre de l’album provient de la fascination du duo entre la technologie et l’Humain. Ils ont tenté de créer un parallèle au cerveau, coeur de notre mémoire, et au disque dur, purement informatique, là où nos souvenirs sont ancrés. Le côté révolu du passé a également une place prédominante quand on voit l’implication de Nile Rodgers ou Giorgio Moroder dans la production de Random Access Memories. Du coup #ram prend tout son sens.
The Seventies and the Eighties are the tastiest era for us
Quand les Daft Punk refusent la sécurité EDM
Beaucoup de jeunes, qui n’ont pas connu les débuts des Daft Punk, s’attendent certainement à un album résolument électronique. Il n’en sera rien. Pour ceux qui connaissent les débuts des Daft Punk, bien avant la création de Homework, avec la dépendance de The Knight Club au disco et les productions de Thomas Bangalter qui puisaient dans le Hip-Hop et la House 80′s, Random Access Memories devient une évidence. Pour contrer cette attente, Thomas Bangalter explique parfaitement pourquoi l’album ne sera pas de l’Electronic Dance Music.
Electronic music right now is in its comfort zone and it’s not moving one inch. That’s not what artists are supposed to do. The genre is suffering an identity crisis: You hear a song, whose track is it? There’s no signature. Skrillex has been successful because he has a recognizable sound: You hear a dubstep song, even if it’s not him, you think it’s him.
On ne peut qu’être d’accord avec ce raisonnement et à vrai dire cela nous rassure. Les Daft Punk sont loins de ressembler ou même de vouloir ressembler à tout le monde. C’est leur force et c’est ce qui les caractérise le plus. Rien ne serait plus offensant d’entendre de l’EDM dans un album où se mêlent les Daft Punk, Nile Rodgers, Giorgio Moroder, Julian Casablancas, Todd Edwards, Pharell Williams, Paul Williams et Panda Bear.
Random Access Memories, une production délocalisée
Toujours selon Rolling Stones, les vocals et le doublage des pistes ont été réalisé dans des studios parisiens. Le reste s’est produit aux États-Unis, à Los Angeles, New York et dans d’autres studios renommés du pays.
There are songs on the album that traveled into five studios over two and a half years
Comme le dit si bien Thomas Bangalter, la musique électronique d’aujourd’hui est créée dans les aéroports et les chambres d’hotels par les producteurs qui voyagent sans cesse. L’esprit qui en découle est certe, une impression de mouvement à travers les voyages, mais n’a rien de comparable avec une véritable production studio qui demande une toute autre complexité technique et apporte surtout un grain unique.
Un live de prévu pour la promotion de l’album?
Selon Thomas Bangalter, il n’y a aucune date de prévue pour un live basé sur cet album, en tout cas pas pour cette année. La raison invoquée est encore une fois d’une logique implacable, différente de l’empressement qu’on peut voir actuellement chez bon nombre d’artistes. Tout doit être basé sur l’excitation à l’écoute de l’album et un live ne doit pas être un complément, un bonus, à une production qui a débuté en 2008.
Quand les Daft Punk prendront la route pour un nouveau live, ce sera pour promouvoir leur carrière et non cet album tant attendu. À la manière d’Alive 2007 et sa pyramide devenue mythique, le set doit être capable de réunir les publics des quatre albums. Un avis qu’on salue car l’excitation de créer un show pour un public qui s’agrandit de jour en jour est plus que tentante. Mais les Daft Punk ne sont pas n’importe qui, ils jouent sur chaque détails afin que la satisfaction du public soit entière.
Malgré leur absence depuis 2008, le public est au centre de leurs préoccupations. En aucun cas il est question de sortir un album moyen juste pour satisfaire une attente du public ou de la presse. La qualité prime et c’est la plus grande force du duo le plus important de ces deux dernières décennies.
Notre pré-avis sur Random Access Memories
Il est évident que l’album subira « l’effet Justice« . Certains fans seront déçus par ce « non-renouveau » des Daft Punk, ce retour au source. Certains critiqueront facilement un album trop simpliste, ce sont ceux qui ne prendront pas en compte le travail accompli. Nous on sait que 5 ans de travail sur Random Access Memories est un argument suffisant pour s’avancer déjà sur la qualité de l’album le plus attendu de 2013. On attend tout de même d’avoir l’album entre les mains avant de donner un avis définitif mais l’excitation est bien trop grande et se doit d’être contenue. Quoi qu’il en soit, nous l’attendons de pieds fermes. Rendez-vous le 21 mai.
L’album se précommande déjà sur
Source : splash my sound


