Thomas est né le 3 janvier 1975, Guy-Manuel le 8 février 1974. Ils deviennent potes en 1987 au collège Carnot, à Paris (17ème). Ils ne se quitteront plus. En 1992, ils créent un premier groupe de rock qui signe sur le label Duophonic : Darlin'. Mais sans succès. Tenaces, ils dévient vers des tendances plus électroniques et reviennent à la charge en 1994, sous un nouveau nom. Le groupe Daft Punk vient de naître. Ils tirent ce nom d'une mauvaise critique qu'un journaliste anglais avait rédigé concernant les Darlin', comme un pied-de-nez. Ils attirent l'attention grâce à leur approche atypique de la musique électronique, combinant samples connus et sons inédits. Et le succès arrive dès 1995, avec la bombe Da Funk, largement diffusée dans les boîtes puis sur les ondes. Bangalter en profite pour monter son label : Roulé.
Vient alors Homework en 1997, et la reconnaissance mondiale, tant des pros que du grand public. Nos deux ex-ados viennent de créer la fameuse « French touch », et ouvrent la voie à de nombreux artistes français peu connus jusque là. Par la même occasion, ils vont dynamiser la scène techno/house mondiale, qui était dans une certaine léthargie depuis une dizaine d'années. S'en suit une formidable tournée avec des concerts inoubliables, selon les dires de ceux qui ont eu la chance de les voir. C'est la gloire internationale. Cette même année, Homem Christo lance également son label indépendant : Crydamoure.
Il faudra attendre 2001 pour trouver dans les bacs Discovery, second album du groupe, très orienté Disco. Traité comme un concept global, l'album est plus proche d'une symphonie ou d'une musique de film, que d'un simple album pop de variétoche. La prod du disque est excellente et on sent une volonté d'offrir aux auditeurs une expérience d'écoute totale, de la part du duo d'artistes. Les titres, les visuels, les clips... tout s'insère dans un concept global original. Encore une fois, ils font l'unanimité.
La période de gestation chez l'être humain est de 9 mois. Pour l'éléphant, c'est 21 mois, alors que chez la souris, on tombe à 21 jours. En ce qui concerne Daft Punk, on peut dire que la période de gestation est de 4 ans ! C'est long... Mais le bébé est à chaque fois réussi. Pourtant ce cru 2005, Human After All, ne fait pas l'unanimité. Cet « album de la maturité » (formule débile et sans sens) divise. On aime ou on déteste. C'est creux pour certains et révolutionnaire pour les autres. Les deux compères créent aussi Daft Arts cette année-là.
Dans la foulée (si si, 1 an pour Daft Punk, c'est dans la foulée !) sort leur premier best-of : Musique Vol.1 1993-2005. Espérons que l'annotation « Vol.1 » signifie qu'ils vont faire des albums pendant encore bien longtemps. Signe de leurs envies musicales, ils reviennent aussi sur scène, ce qui est déjà une révolution en soi... Mais pour seulement 8 dates autour du monde (enfin, dans 5 pays, quoi...).
Parrallèlement à cela, ils ont présenté le 21 mai leur premier film, Daft Punk's Electroma, à Cannes, dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs. Encore une fois, ils nous emmènent dans une expérience originale : un film muet (mais en couleur et en musique) de 1h14 qui nous conte la quête de 2 robots qui désirent devenir humains.
Mais malgré toutes ces activités, Thomas et Guy-Man arrivent à préserver le secret autour de leur image. Ils se veulent artistes indépendants. Et cette indépendance n'est possible que dans l'anonymat. Durant leur 12 ans de carrière, ils ont su rester discrets, ne mettant en avant que leur art. Ils se posent donc comme un groupe conceptuel et non un groupe aux oeuvres conceptuelles. Ce qui au départ avait été pris comme une farce ou une façon de faire parler d'eux est en fait devenu une marque de fabrique. Pourtant, ils produisent de nombreux artistes et sont très actifs sur la scène internationale. Pourtant Thomas est marié à la ravissante Elodie Bouchez. Pourtant ils sortent des albums dont la promo est toujours au point. Ils présentent un film à Cannes et font même une « Electroma Party » bourrée de peoples (A.Chabat, M.Manson, M, J.Dujardin, G.Canet...). Mais personne (ou presque) ne les connait. Et la presse relaye des rumeurs plus que des infos (comme par exemple leur absence à la soirée cannoise de leur film... pffffff, la presse !!!). Chapeau bas pour ce « plan marketing » qui permet d'une part aux artistes d'être tranquilles, et au public d'acheter des disques par goût et non suite à une campagne de matraquage publicitaire. Au fait, « elle me contrôle » de l'ex-Popstar, ça parle d'une femme ou de la publicité ? Je vous laisse réfléchir là-dessus...