Dès la première image du générique (celui de fin qui défile à l'envers), le spectateur est pris à la gorge, propulsé dans une descente aux enfers par une bande-son exagérément surmixée (la musique suggestive du film est signée Thomas Bangalter, de Daft Punk), des effets tournoyants de caméra et une lumière stroboscopique aveuglante. Inspiré par Memento (l'intrigue s'y déroulait également à l'envers) pour la forme, et Délivrance ou Les Chiens de paille pour l'idée de départ (le viol), Gaspard Noé a orchestré ce film brutal et délibérément provocateur (effet réussi lors de sa présentation à Cannes 2002, où il a suscité un joli scandale) censé dépeindre l'homme dans toute sa barbarie.
Tourné avec un frénétique souci de réalisme, Irréversible , comprenant deux scènes d'une violence insoutenable (un viol en temps réel qui tourne au massacre, et un meurtre sauvage), se révèle quasi insupportable. Dans ce chaos visuel et sonore (les dialogues sont souvent inaudibles), les trois acteurs consentants n'ont guère de consistance (seul Albert Dupontel est intrigant). Visuellement, Irréversible est intéressant (les images de la fin du film, illustrant le bonheur parfait, sont particulièrement magnifiques), mais ceux qui chercheront désespérément une justification artistique à tout ce carnage en seront pour leurs frais.
ON AIME
Expérience unique
La bande originale de Bangalter
La réflexion engendrée sur soi-même
ON N'AIME PAS
Trop extrême pour être visible par les plus sensibles