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Daftworld

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SOUDAIN LE VIDE

Publié par Anonyme sur 22 Mai 2009, 17:53pm

Entre février et mars prochain, Gaspar Noé tournera au Japon et en anglais Enter the Void, projet secret et expérimental co-produit par Wild Bunch et Fidélité et réalisé dans une totale discrétion. Après Irréversible, il faudra s'attendre à un nouveau choc esthétique.

Fort d'un budget de plus de 10 millions d'euros, Noé reste très évasif quant au contenu de Enter the void, projet né au début des années 90, lorsque le cinéaste est aux balbutiements de sa carrière avec son moyen métrage Carne. Une gageure qu'il qualifie de K. Dickienne. Pourvu d'un scénario d'environ 120 pages, avec très peu de dialogues mais beaucoup d'indications formelles, le récit qui analyse les conséquences du trafic de drogue se focalisera sur le parcours d'un petit dealer au plus bas de l'échelle sociale. Avec Wild Bunch et Fidélité, Les films de la zone (France), Central Partnership (Russie) et Comstock (Japon) assurent également la co-production. Toujours autant toqué de Stanley Kubrick, Noé décrit lui-même Enter the void comme un trip psychédélique sur fond de drogue, de sexe et de subculture qui du prologue à l'épilogue sera perçu du point de vue halluciné d'un personnage déconnecté de la réalité. Si la narration, elle, se revendique comme limpide, c'est la perception des personnages et la subjectivité des effets qui génèrent le décalage. Les effets spéciaux, déjà présents dans Irréversible à travers le travail remarquable de Rodolphe Chabrier (que Noé considère presque comme le coréalisateur), auront de fait une importance cruciale et l'identité esthétique du film s'inscrira jusque dans les mouvements de caméra et les plans séquences. Certains plans devraient être faits à l'aide d'une technocrane, caméra spéciale inventée par Horst Burbulla, une grue téléscopique qui permet de réaliser des mouvements linéaires de la caméra dans l'espace (elle se déplace de façon continue et on peut ainsi filmer dans des endroits difficilement accessibles, remplaçant ainsi les rails qui, avant, faisaient bouger la caméra et générant une économise de temps, de l'argent et de l'énergie). Bref, le dessein est tellement sophistiqué qu'il ne peut pas se tourner dans des délais de tournage extrêmement brefs et demande une préparation précise en amont.

Depuis toujours, Noé a été inspiré par les expérimentations, ses films très soignés au niveau visuel en témoignent sans masquer, comme son maître à penser Stanley Kubrick, ses principales influences. Par exemple, il a souvent laissé sous-tendre que le stroboscope final de Irréversible était tiré de The Flicker, un film expérimental qui propose une alternance de photogrammes en noir et blanc sur environ une demi-heure ; la bande-son de Thomas Bangalter évoquait, elle, par intermittences celle d'Universe, un des trois courts-métrages qui ont fortement inspiré Kubrick pour sa représentation de l'espace pour 2001, l'odyssée de l'espace. On pouvait percevoir ces volontés expérimentales dans Irréversible qui n'avait que des indications scéniques dans son scénario et où tout reposait sur l'improvisation des comédiens. Comme si nous vivions les événements en même temps que les personnages. Les deux protagonistes d'Enter the Void seront un jeune homme de 20 ans et une demoiselle de 18 ans, possiblement interprétés par deux inconnus. Enter the void est un projet fantasmé pour Noé: il en parlait déjà furtivement à l'époque de Seul contre tous et voulait réaliser son Lost in translation au pays du soleil Levant en filmant Tokyo comme on ne l'a jamais vu auparavant au cinéma. Pour la substance, il s'est sensiblement inspiré du Livre des morts tibétains, un guide bouddhiste pour tous ceux qui veulent dépasser la mort en métamorphosant son processus en un acte de libération et confesse avoir subi les inspirations de Cronenberg (Videodrome) et Kenneth Anger (Pleasuredome, l'un de ses films favoris).

priori, il s'agit d'un voyage très éloigné de l'atmosphère poisseuse du dyptique Carne / Seul contre tous où les dialogues avaient toute leur importance impertinente ; ici, tout le délire sera éminemment visuel. Un système d'abstraction qui devrait lui permettre de tendre à l'épure. Là encore, dans cette volonté de changer de registre, il évoque Stanley Kubrick ("comment pouvez-vous dire qu'il s'agit du même réalisateur qui a pondu Lolita et 2001?) et si Noé devait trouver une référence française, il citerait certainement Alain Cavalier dont l'évolution filmique se révèle paradoxale et inattendue (il a commencé en réalisant des opus faussement grand public avant de fureter vers des cases plus restreintes voire intimistes). Reste à savoir si on retrouvera des restes d'Irreversible au début d'Enter the void: dans la première scène d'Irréversible, on retrouve le boucher de Seul contre tous en hommage Kubrickien au début d'Orange Mécanique où le regard du personnage d'Alex incarné par Malcolm Mc Dowell fixait le spectateur en écho à l'enfant à la fin de 2001. Mais il ne fallait pas voir du Kubrick partout dans Irréversible, chef-d'oeuvre d'une vie de cinéphile: si Bellucci s'appelait Alex, c'était moins en référence à Orange Mécanique qu'à l'ambiguïté du personnage dont on ne savait pas s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme.

Question ciné, on pouvait le voir au dernier festival de Cannes présenter Destricted, film à sketches sur le sexe dans tous ses états. We Fuck alone, le segment qu'il a réalisé, reste dans le moule Irréversible en reprenant quelques unes de ses figures connues (panneau annonçant que le film est proscrit aux épileptiques, effets stroboscopiques influencés par The Flicker) et acquiert sans peine le titre de cauchemar fantasmé où un homme clope à la main fait joujou avec une poupée gonflable qu'il personnifie en matant un film porno (la demoiselle de ses rêves fait des jeux sexuels avec un ours en peluche). Tout sauf excitant, son précipité anxiogène où le travail sur le son avait son importance cherchait à retranscrire l'extase, le malaise, le sexe dans l'état de frustration. L'obsession sexuelle reviendra de manière encore plus prononcée dans Enter the void (Irréversible devait être à l'origine un film porno avec Bellucci et Cassel). A un moment intéressé pour le produire avec sa boîte (X-filme creative pool), Tom Tykwer (Le Parfum) a annoncé que Enter the void pourrait être, s'il reste fidèle au script, inimaginable, unique et éblouissant. Logiquement, si tout se passe comme prévu, il pourrait sortir en France en été 2008 ou même, soyons fous, avant.
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A
Hey coucou patatoes =)<br /> Comment tu vas aujourd&#039;hui ? :P
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