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Daftworld

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Bienvenue sur le blog du plus grand fan Officiel de DAFT PUNK !!!


Interview de Sébastien Tellier

Publié par Anonyme sur 23 Juillet 2009, 13:27pm

RENCONTRES

Comment avez-vous rencontré ces deux duos de la musique électronique, Air et Daft Punk ?
Sébastien Tellier : J'ai signé mon premier contrat avec Record Makers, un label créé par Air. On n'a jamais fait de musique ensemble en studio, mais ils ont toujours fait partie de mon monde artistique. J'ai fait leur première partie alors que je n'avais jamais donné de concerts avant – ou seulement deux, au Duc des Lombards, un club de jazz, avec ma guitare et ma voix. Et voilà qu'on m'envoie en répétitions à Houston pour un premier concert à Dallas ! J'ai commencé mes trucs à moi grâce à eux, dans des conditions de rêve. Ce qu'on met 10 ou 15 ans à construire, moi, je l'ai eu tout de suite : trois semaines après avoir signé, j'étais parti sur les routes ! Quant aux Daft, je les ai toujours admirés – ils ont changé la face de la dance, quand même, c'est énorme ! Et comme avec Air, ça s'est un peu passé sans que je le décide. En fait, j'ai un rapport à la vie où je suis plutôt attentiste : je n'aurais jamais été déposé une maquette dans la boîte d'un des mecs de Air ou essayé d'écrire un mail bien senti à un des mecs de Daft Punk. Je ne fais pas ça : j'attends que les choses viennent à moi. Et Daft Punk, ils sont venus à moi en prenant une de mes chansons, Universe, pour la mettre dans Electroma (long métrage expérimental réalisé par Guy-Manuel de Homem-Christo et Thomas Bangalter alias Daft Punk, ndlr). C'était un pas vers moi, et je me suis alors suffisamment senti en confiance pour demander à Guy-Man' : "est-ce que, éventuellement, tu voudrais bien passer à la maison écouter mes nouvelles démos ?"

La connexion avec Daft Punk semblait pourtant simple : après tout, le duo s'est créé quand le guitariste de Darlin', leur première formation, a rejoint les membres de Phoenix, qui n'étaient alors que les musiciens de Air lors de leurs prestations télévisuelles... C'était le début de ce qu'on a appelé la French Touch...
Sébastien Tellier : J'ai découvert tous ces gens-là en même temps, et que tous se connaissaient entre eux, quand j'ai signé mon premier contrat. Guy-Man', je l'ai rencontré plus tard, en soirée : c'était la période où Daft Punk allait sortir Discovery. Je me souviens : ils avaient fait une écoute au planétarium du Grand Palais, sur les Champs, et j'étais très fier parce que j'étais assis à côté d'eux, et tout le monde venait me serrer la main comme si j'avais participé au truc, alors que je ne les connaissais pas ! Et puis j'ai recroisé Guy-Man' dans des soirées – on a des amis en commun –, et plus les années passaient, plus on était proches. Je dirais que toutes mes amitiés artistiques (dont M. Oizo, Kavinsky, SebastiAn) sont basées sur le respect de l'art. Quand je fais de la musique, il y a un moment où l'esprit décroche de la réalité, et je vois alors le monde à travers la puissance émotionnelle des choses. Et je me rends compte que c'est pareil avec les gens : certains ont un effet sur moi, me donnent envie d'aller vers eux, ce sont ceux qui ont un énorme pouvoir émotionnel, c'est-à-dire

Alors, fatalité ou facilité ?
Sébastien Tellier : Ok, c'était aussi une solution de facilité. Quand je parle de sexe, je n'ai pas envie de faire quelque chose de difficile. J'ai envie que tout se passe bien comme j'ai envie de vivre une entente amoureuse parfaite. Donc il faut que tout se passe dans la facilité. C'est vrai que choisir Guy-Man', pour moi, c'était très confortable. Travailler avec lui, c'était comme être dans une Rolls avec chauffeur : j'avais tout fait, moi, dans mon travail – tout écrit, tout composé –, et il a pris le truc en main, il s'est mis au volant et, depuis un grand canapé en cuir, je le regardais travailler en donnant quelques indications : "plus comme-ci... plus comme ça..."

Les séances n'étaient-elles pas intimidantes ?
Sébastien Tellier : Non, parce que, sous son casque, Guy-Man' est quelqu'un de très mignon, de très gentil. C'est vraiment le type de personnage... On le dirait sorti d'un dessin-animé ! C'est un peu le genre de personne à qui on a envie de pincer la joue, quand on le voit. Et c'est quelqu'un qui essaie de donner du plaisir à ceux qui l'entourent – ce qui est très rare, dans le show-business ou même dans la vie. Il a su complètement s'oublier juste pour vivre avec les autres et leur faire du bien, finalement. Il a changé la vie de pleins de gens, la mienne aussi, et n'a jamais lâché personne. Donc, ça ne peut que bien se passer avec un mec comme lui : j'étais très à l'aise avec lui, parce qu'il dégage quelque chose de rassurant, de très apaisant. Et surtout, le plus important, cette notion que tout le monde oublie : la tendresse. Guy-Man' est tendre, doux. C'est vraiment quelqu'un de bien...

SEXUALITY (OU LA MUSIQUE SEXUELLE)

On évoque la tendresse, les rapports humains. Justement, la pop électronique, les sons très synthétiques de Sexuality, sont-ils tout à fait en accord avec l'idée de l'affection, de l'amour, de la passion, et finalement du sexe ?
Sébastien Tellier : Ça m'a beaucoup apporté de faire un album sexuel. Le sexe, c'est quelque chose de très sophistiqué, qui va avec l'air du temps, avec la mode. Donc j'ai fait un album sexuel sophistiqué. Voilà. Ça ne va vraiment pas plus loin. Politics était un album sur la politique : ça dégueulait d'arrangements, il y en avait partout, il y en avait trop. Trop de fric, trop de m'as-tu-vu ; ça partait dans tous les sens parce que, comme en politique, exactement, j'essayais d'attraper n'importe qui, n'importe quel type de public : "T'aimes l'electro ? Il y aura de l'electro", "T'aimes l'acoustique ? Il y aura de l'acoustique", "T'aimes le piano ? Il y aura du piano"... L'Incroyable Vérité parlait de mon enfance, de ma famille : je suis né en 1975, donc il est très seventies. Là, il se trouve que maintenant je n'avais pas envie, par exemple, de vivre un sexe des années 70 ni un sexe des années 50, mais plutôt de parle de sexe parce que c'est le sujet qui domine tout le reste, selon moi. Et parce que, finalement, on ne peut pas aller plus loin que de parler de l'origine de la vie. Je voulais plonger la sexualité dans la vision franche que j'ai du sexe, et qu'elle existe dans un équilibre parfait entre le superficiel – comme le monde du sexe et le sexe en général – et la profondeur – nécessaire, puisque le sexe, c'est aussi l'origine du monde, c'est tout simplement la vie. Et cet équilibre, je l'ai trouvé dans une musique toute synthétique, toute gentillette, efficace tout de suite qui me parlait aussi de la beauté de l'éphémère, pas d'intellectualisme.

Mais qu'est-ce qui vous a mené à l'electro ?
Sébastien Tellier : Je suis lassé des sons de contrebasse, de guitare et même de batterie acoustiques. Bon, j'écoute toujours Still & Nash, par exemple, mais ça ne me viendrait pas à l'esprit d'écouter un album de folk d'aujourd'hui. Ni du pop-rock ni du reggae. J'avais besoin de sonorités qui parlent de la chaleur de la nuit, une sorte de moiteur, et qui apportent un petit peu de nouveauté à mon oreille : et ça, je ne l'ai trouvé que dans l'électronique...


Pas même dans le R'n'B' ? Certains titres sont pourtant très proches du genre...
Sébastien Tellier : C'est vrai, j'ai été très influencé par le R'n'B américain. En fait, c'est la seule musique qui évolue : il y a toujours de nouvelles rythmiques, de nouveaux sons... En musique, il y a un nombre limité de notes, et ce sont plus ou moins toujours les mêmes harmonies qui reviennent. On pourrait considérer que toutes les notes ont été exploitées avec les Beatles. Donc, maintenant, faire avancer la musique, ce n'est plus une question de notes mais de production. Il faut évidemment l'esprit d'un artiste qui a quelque chose à dire – un cerveau –, mais pour exprimer ensuite cette nouvelle vision du monde, on ne peut plus compter sur les notes : son expression ne se trouvera que dans la production puisqu'aujourd'hui seule la machine – l'ordinateur, les plug-ins, les synthés virtuels, etc. –, la technologie donc, évolue dans la musique. Cette culture-là, elle est digérée par le R'n'B bien plus que par les autres mouvements musicaux. Et c'est pour ça qu'il y a de la nouveauté dans le R'n'B – pour moi, ça s'est traduit par de nouveaux instruments, synthés entre les mains, de nouvelles table de mixage, équalisations... Voilà pourquoi j'ai envie d'appartenir à cette famille, à ces sons, à ces codes-là puisque je voulais, pour Sexuality, appartenir au monde de la sophistication, réussir à créer un album qui ait cette forme, cette espèce de jouissance directe. Que l'on puisse directement, sans entendre les paroles, comprendre que c'est de la musique qui parle de sexe. Mais je voulais aussi que cet album ait l'esprit latin, l'esprit européen, l'esprit sexuel noble – avec ce rapport romantique au sexe qu'ont su conserver l'Italie et la France. En résumé, Sexuality est un album à la forme R'n'B et au c½ur latin.

L'image et la personnalité du séducteur – que vous incarniez déjà avec votre reprise de La Dolce Vita – ne sont-elles pas contradictoires avec la provocation du titre, Sexuality ?
Sébastien Tellier : Christophe m'a influencé, pour Sexuality, c'est sûr. J'imagine le chanteur de ce disque comme un séducteur au c½ur brisé. Et même si j'essaye de le vivre à travers le disque, ce n'est pas moi : je suis amoureux, très heureux en amour, et puisque j'ai une femme et que je ne veux qu'elle, ça n'a plus aucune importance de séduire les autres ! Je ne suis plus un séducteur ! Je suis très loin de ça ! Mais pour chanter un disque sexuel, comment se placer autrement qu'en séducteur au c½ur brisé ? C'est ce qui avait le plus de charme, selon moi : je n'allais certainement pas me mettre dans la peau d'un professeur, froid, ni celle d'un queutard fini !

Même si aujourd'hui le sexe est omniprésent et ne choque plus grand-monde, cela reste-t-il difficile de présenter aux médias un album intitulé Sexuality, une musique que vous dite sexuelle et parfois illustrée de bruitages orgasmiques ?
Sébastien Tellier : Non, je suis très à l'aise, même en face de milieux auxquels je n'appartiens pas du tout. Parce que je ne parle pas de sexe en général, ni de prostitution ni d'affaires de justice : je parle de sexe au sein d'un couple amoureux, de l'amour, donc un sexe fondé sur la gentillesse, l'ouverture d'esprit, la tendresse et la douceur. J'ai un message positif, je crois, qui peut être – qui doit, même – être compris par tout le monde. Je ne cherche à choquer personne, et même avec une femme de 60 ans, je n'aurais aucune honte à discuter de ça

En ce moment, vous êtes dans la plupart des magazines. D'autres vous ont-ils quand même censuré, juste en vous ignorant ?
Sébastien Tellier : Non, je ne pense pas, parce que, précisément, les médias se régalent de sexualité. Plus le propos est sexuel, plus on en met. Je pense même que le fait que ce disque soit sexuel m'aide vraiment à le vendre, à répondre aux médias et à leurs interviews. Il y a toujours un petit "Sexuality" qui traîne, parce que j'ai parlé de mon album : le titre, le mot, est dans chaque paragraphe. Ni vu ni connu : on parle de culture, mais, en fait, on parle de sexe. Ce que je trouve affligeant, c'est la manière dont on en parle et qui est souvent très, très mauvaise. C'est donc l'occasion pour les médias d'avoir quelqu'un qui apporte une parole nullement pornographique, sale ou malsaine, mais au contraire sincère, avec des valeurs de douceur.

Vous entamez désormais une autre forme de promotion : en concert, comment mettez-vous en scène Sexuality ?
Sébastien Tellier : Avant, les concerts dépendaient de mon état du jour : si j'étais surexcité, je faisais un concert surexcité ; si j'étais malheureux, je faisais un concert très malheureux. Voilà. Avec Sexuality, j'ai compris quelque chose : la notion de plaisir. Ma vision du concert n'est plus la même, maintenant : ce n'est plus moi qui m'amuse sur scène mais les gens qui se font plaisir. Je dois être le meilleur serviteur possible. D'ailleurs, j'aimerais bien que le public m'oublie vraiment : que je ne sois plus vraiment là, que je m'efface totalement derrière un nuage de fumée, et que ma musique soit beaucoup plus présente... Et puis, admettons que les gens n'aiment pas mon physique : je pourrais casser leur fantasme sexuel ! Alors que je voudrais qu'à mon concert, les gens s'embrassent, se caressent, soient émoustillés... Pour le premier concert de la tournée, à Londres (le 21 février dernier, ndlr), les critiques ont été dithyrambiques. J'étais vraiment étonné, parce qu'on a eu bon nombre de problèmes techniques, et au lieu de pouvoir me cacher parfaitement derrière des lasers et des écrans de fumée, j'ai dû me remettre en avant comme je le faisais avant. Mais pour les prochains concerts, la technique sera solide et je pourrai vraiment transmettre au public ce que j'ai envie de lui donner.

Travaillez-vous déjà à nouveaux projets ?
Sébastien Tellier : Non, je n'ai pas vraiment de piste. En fait, c'est très dur de trouver un sujet qui soit plus pertinent que l'origine du monde. Pour l'instant, je ne sais pas... Aujourd'hui, dans ma vie comme dans mon art, je compte beaucoup sur la science pour m'apporter des choses : la nouveauté, la nouvelle matière, je la trouverai peut-être dans la science et les découvertes scientifiques qui auront lieu... Sinon, en ce moment, je passe tous mes temps libres, parfois même mes nuits, à composer des B.O. : après Steak (le deuxième long métrage de Quentin Dupieux / M. Oizo, ndlr) et leur série d'animation Moot-Moot sur Canal+, je travaille à nouveau avec Éric et Ramzy sur Seuls two, un film qu'ils ont réalisé et qui doit sortir en juin. Je fais aussi de la musique de film d'art contemporain pour un ami, Xavier Veilhan – j'ai d'ailleurs joué dans Furtivo*... Je fais de la pop, mais je pense que ça ne va pas à un Français de faire de la pop. Ni du pop-rock ni du reggae. Ce qui va à un Français, c'est de faire de la musique de film. Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve que c'est un genre musical noble. Alors je fais de la musique de film pour avoir cette espèce de noblesse d'un grand compositeur. C'est une question de style. C'est une culture qu'on a volé à une autre culture. Avec la pop, ça passe mal : on ne s'épanouit pas dans la pop française, parce qu'il n'y a pas d'aventure artistique. C'est un milieu un peu stérile. Mais, bon... J'en fais. Mais la classe, je vais la chercher dans la musique de film.

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Il paraît que vous déjeunez généralement à 17h, 17h30. Je dérange ?
Sébastien Tellier : Je viens de finir. Comme je lève tous les jours à midi, je suis bien obligé. Aujourd'hui, j'ai pris des boulettes de veau sauce tomate accompagnées de tortellinis au pistou. C'était super. J'ai terminé avec un croissant à l'abricot, merveilleux [Il rit en caressant son ventre presque proéminent]... et un beignet à la framboise... Je ne mange plus de bonbons, mais j'adore tous type de desserts. Et toute la bouffe, d'ailleurs. Grosse obsession.

Vous venez également de terminer ce troisième album, Sexuality, avec Guy-Manuel de Homem-Christo, de Daft Punk. C'était comment ?
J'avais toujours voulu travailler avec Guy-Man, pour les textures des albums de Daft mais aussi pour son travail de remix avec son label Crydamour. Il a adoré mes maquettes et s'est mis à bosser sans s'économiser. L'album, on l'a enregistré dans le studio de Romain de Mojo. On a eu accès à du matériel d'exception, les synthés les plus recherchés, les reverb' les plus belles, des conditions de travail hyper rares en Europe. Pour la première fois, un de mes albums a une production de tueur. En plus, je me sentais en confiance avec Guy-Man : plus besoin de faire une centaine de prises de basse et de chant pour choisir les meilleures. Là, c'était hyper simple.

Vous disiez l'an passé vouloir écrire de la « musique pour ville nouvelle, genre Cergy », une « BO de film intello, genre Rohmer » et le nouvel Atom Heart Mother...
[Riant bruyamment] On est loin du compte, effectivement ! Je voulais faire de la musique érotique qui puisse exciter l'auditeur, tout en rajoutant une sensibilité italienne. C'est pour ça que j'ai fait appel au type qui faisait celle des pornos Marc Dorcel dans les années 80. Il joue de la basse synthétique et il a rajouté un parfait groove à l'italienne. Au final, l'album, c'est du R&B sérieux. Sans blague. Sans sous-entendu. Un peu comme si Bryan Ferry faisait de la musique de pointe aujourd'hui.

Vous êtes vous replongé dans les classiques érotiques des années 70, type Joe d'Amato ?
L'esthétisme des vieux films érotiques italiens, j'adore, et les pornos, c'est toujours assez sympa à mater. N'empêche, je ne suis pas non plus un grand consommateur. Ce qui m'intéresse, c'est que tout s'y passe comme dans un rêve. On te fait croire que le bonheur, ce n'est pas être milliardaire ou champion du monde de moto, c'est d'être complètement épanoui au niveau de la baise. En plus, le sexe, c'est gratos (enfin, pour qui peut). En tout cas, je remercie la société de nous offrir autant de sexe, parce qu'en fait, j'aime bien ça.

Quel arbitrage faites-vous entre musique arithmétique et grand n'importe quoi ?
Cette schizophrénie, je l'ai toujours eu. Soit j'ai envie de faire ce qu'on attend de moi et je prends plaisir à être un bon chien, à faire mon devoir, soit j'ai envie de faire n'importe quoi.Je n'aimerais pas faire que de la musique contemporaine avec des bruits de casserole et des coin-coins, ni taper que dans la musique clinquante. J'essaie juste de me renouveler à chaque album. Pour Politics [2004], le concept tournait autour d'une grande réflexion dans le vide, l'absurdité de la rhétorique politique. Je sortais les grands moyens, mais ça dégueulait de partout, le paquet cadeau. Alors que le sexe, paradoxalement, est un concept beaucoup plus sérieux : tu ne peux pas faire le zinzin, c'est pas la fête à papa, c'est là que tu montres à ta meuf que t'es un rebelle cool ou pas. Pour les concerts, je ferai très attention de bien jouer l'album, en restant dans une posture de séduction. Et si à l'avenir, je sors un album traitant de psychologie, je me raserai les cheveux et la barbe, je porterai des gilets marrons et je fumerai la pipe...

Bien sûr. Sexuality est-il écrit pour quelqu'un en particulier ?
[Il réfléchit] Effectivement, c'est avec ma nouvelle copine Amandine [de la Richardière, actrice] que tout s'est mis en place. Elle m'a fait croire qu'elle était une ancienne actrice porno. J'étais comme un fou, je ne savais plus quoi dire, la machine à fantasmes tournait à plein régime. Toutes les chansons contiennent des références à notre vie commune : c'est la vraie muse de l'album.

Sur Sexual Sportswear, vous avez quand même une vision inquiétante de la sexualité
Houlala, mais non... Sportswear, c'est tout simplement parce que mon grand fantasme, c'est le survêt' : imagine, la fille se penche en avant, et tu fais glisser doucement son pantalon de sport. Mille fois mieux que soulever une jupe ! C'est la naissance du monde, de l'instinct sexuel. C'est pour ça que j'ai rajouté un bruit de tremblement de terre au début. Dans mon rêve, le survêt', tu l'enlèves dans l'espace.

2001 l'Odyssée de l'espace version érotique, quoi. Pourtant, on pense plutôt à Phantom of the Paradise.
[Riant] C'est un film qu'on adore tous les deux, Guy-Man et moi. La musique, le style De Palma sont géniaux. Guy-Man c'est une sorte de Swan [le producteur diabolique du film], mais un Swan gentil. Un petit saint. Toujours est-il que Sexual Sportswear, c'est juste l'apéritif de l'album, le morceau n'est pas vraiment représentatif.

Il paraît que vous avez un mode d'écriture relativement « glandeur » ?
Il faut toujours que je divertisse une partie de mon cerveau, afin que l'autre se laisse aller. Dès que j'ai du temps, je branche la Playstation. Les jeux de golf ou de pêche, c'est parfait pour composer : tu es chez toi, tu jettes ta ligne et t'attends qu'un poisson morde, génial [riant très, très fort] ! C'est tellement soporifique que tu laisses vachement ton cerveau travailler. De toute façon, quand tu fais de la musique, c'est pour avoir du temps, penser à soi, à sa meuf, emmagasiner de l'expérience pour avoir des choses à dire.

On dit que vos week-ends commencent le mercredi car vous détestez Paris.
Pas faux. Faut dire que les parents de ma copine ont une immense villa en Normandie. Comme j'habite à côté de la gare Saint-Lazare, en une heure et demie je suis au paradis : un immense haras, au milieu des chevaux... Il y a quelques années, je fantasmais sur la Californie, comme tous les musiciens français qui font de la musique sexy. Maintenant l'Italie, plus exactement la Lombardie et la région des grands lacs pas loin de Milan, l'a remplacé. C'est là qu'il y a les plus grosses baraques, une sorte de Hollywood italien. En plus, les Italiens sont vraiment classes, bien sapés, avec les plus belles chaussures. Mais le grand kif, c'est d'aller au restau en bateau à moteur avec sa meuf...

Où en êtes-vous dans l'ambition de devenir « le mec le plus classe du monde » ?
[Soupirant] Quand j'étais ado, je pensais que je ne me déplacerais qu'en 747. J'adore les mecs comme Bryan Ferry pour sa classe, Miles Davis pour sa façon de se fringuer. Pour l'instant, il vaut mieux que je m'entoure de mecs classes qui me rendent moi-même classieux [se passant la main dans ses cheveux qui laissent découvrir de grandes golfes]. Faudrait aussi que j'arrête les pâtisseries.
Interview de Sébastien Tellier
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D
ouais je l ai vu il est passé sur virgin
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